Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 13 juillet 2018 – Sommaire :

  • Donald Trump renvoie la livre sterling dans les cordes, les bonnes statistiques commerciales chinoises font craindre de nouvelles tensions avec Washington, l’EUR/USD reste pénalisé par les divergences monétaires.
  • L’EUR/USD se replie de -0,3% et prend la direction de $1,16 sous l’effet de mises en lumière de divergences monétaires importantes entre les Etats Unis et l’Europe – fortes pressions inflationnistes aux Etats Unis qui soutiennent les plans de la FED Vs pas d’urgence du côté de la BCE à intervenir.
  • Donald Trump, actuellement en visite au Royaume-Uni, a exprimé ses critiques vis-à-vis du nouveau plan de sortie proposé par T. May et fermé la porte à la mise en place d’un accord bilatéral de libre-échange avec Londres. L’EUR/GBP remonte au-dessus de £0,8850.
  • Après un rebond de 2% et un pic de plus de 2 mois touché la veille, la paire EUR/JPY corrige légèrement mais se maintient au-dessus de ¥131. Le surplus commercial record enregistré par la Chine vis-à-vis des Etats Unis en juin (~$29Mds & pic depuis 1999) n’inspire rien qui vaille.
  • Au lendemain d’un vif rebond qui l’a vu atteindre le palier de ₣1,17 pour la 1ière fois depuis 7 semaines, le cours EUR/CHF corrige de -0,2% et revient à hauteur de ₣1,1670.
  • Euro dans le rouge face à l’ensemble des devises émergentes. À noter le repli de moins grande amplitude que celui de l’EUR/USD pour la paire EUR/CNH (-0,1%) qui tente de retourner sous le seuil de ¥7,80.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :

La séance de jeudi a été on ne peut plus calme pour l’EUR/USD qui a passé la majeure partie de sa journée dans un couloir très étroit de $1,1650-$1,1700 (couloir de +/-0,43%). On aurait pu penser que le léger vent d’optimisme soufflant hier sur les marchés aurait pu être bénéfique à l’euro, mais il n’en fut rien. Les Minutes de la BCE revenant en détail sur les débats lors de la réunion du 14 juin dernier ont confirmé aucune urgence dans les rangs de la banque centrale à remonter les taux d’intérêt, les responsables liant leur décision à un retour durable de l’inflation vers l’objectif de 2% et pointant du doigt le risque pour la région qui émane de la dégradation de l’environnement commercial mondial. Ce document n’a pas réellement apporter d’éléments nouveaux dans le débat actuel entre ceux qui militent pour une 1ière hausse de taux à l’été 2019 et ceux favorables à attendre l’automne pour intervenir (consensus actuel positionné sur la date d’octobre 2019). Si la paire est venu testée le seuil de $1,1650 en réaction à la publication des Minutes de la BCE, le cours a vite repris du poil de la bête et a repris la direction de $1,17, sans toutefois atteindre ce palier, au regard de chiffres économiques américains jugés mitigés. Les acheteurs de dollar se sont révélés sensibles au rebond moins important que prévu de l’indice d’inflation générale (+0,1% M/M vs cons. +0,2%), quand bien même si la dynamique annuelle a progressé comme attendu à un nouveau pic de plus de 6 ans de presque 3% (2,9% A/A vs cons. 2,9% et 2,8% en mai), et à la réduction moins importante qu’anticipé du nombre total de d’inscrits au pôle emploi américain (1,74Mln vs cons. 1,72Mln). Concernant la réaction relativement « muette » du dollar aux statistiques d’inflation, on peut penser que le plus gros de la réaction a eu lieu mercredi à l’occasion de la publication des indices PPI et que de ce fait les chiffres de jeudi n’ont pas constitué une surprise mais offert plutôt une confirmation des importantes pressions inflationnistes qui sévissent aux Etats Unis et qui devraient ainsi conforter la FED dans ses projets de rehausser par deux fois les taux directeurs au second semestre 2018. Ce ne sont pas les propos tenus hier à la radio par le gouverneur central américain, Jerome Powell, qui vont laisser penser le contraire. Ce dernier a en effet réitéré sa confiance dans la vigueur de l’économie américaine, laquelle devrait continuer à bénéficier pleinement des effets des baisses massives d’impôt et des dépenses publiques plus importantes réalisées par la Maison Blanche. 

Malgré le peu de réactions de l’EUR/USD, les divergences monétaires entre les Etats Unis et l’Europe restent plus que d’actualité et reviennent ici freiner la tentative de revalorisation de la paire de change, d’où ce retour soudain dans le couloir de $1,15-$1,17 alors que celle-ci pointait au début de semaine en direction du palier de $1,18. À nouveau sur le recul ce matin, à proximité du seuil de $1,1650, la paire EUR/USD semble actuellement à la recherche de leviers pour se redresser et revenir au-dessus du seuil de $1,17. Le peu de données économiques au programme ce vendredi (inflation en Espagne ce matin et indice Michigan de confiance des ménages aux Etats Unis dans l’après-midi) pourrait ne pas lui en donner l’opportunité. Par ailleurs, le surplus commercial record enregistré par la Chine vis-à-vis des Etats Unis au mois de juin ($28,97Mds ou un pic mensuel depuis 1999) vient raviver ce matin quelques craintes sur les marchés que l’on assiste dans les prochaines heures/jours à de nouveaux tumultes entre Pékin et Washington. Un regain de nervosité qui est plutôt favorable au dollar américain ce matin.

Perf 2018 = -3,06% / Moyenne 2018 = $1,2070 / Point haut 12 juillet 2018 = $1,1695 / Point bas 12 juillet 2018 = $1,1647 / Clôture 12 juillet 2018 = $1,1671

GBP

EUR/GBP :

Une fois encore cette semaine c’est le Royaume-Uni qui a été jeudi au centre de toutes les attentions à l’occasion de la publication par le gouvernement britannique de son Livre blanc sur le Brexit, ou document de presque 100 pages revenant en détail sur les propositions que le Royaume-Uni souhaitent négocier avec l’Union Européenne en marge de sa sortie prévue le 29 mars 2019. Parmi les points clés de ce rapport, on notera la proposition d’un accord de libre-échange encadré sur les biens et produits agro-alimentaires, le renoncement aux passeports européens pour les services financiers britanniques et la proposition d’accords bilatéraux, l’arrêt de la libre circulation des personnes sur le territoire britannique (la souveraineté en matière de politique migratoire était un des arguments phares du camp des partisans du Brexit), le maintien d’une participation britannique au sein de différentes agences européennes. De plus, Londres semble avoir atténué sa position et fait un pas vers Bruxelles en ce qui concerne la résolution de certains points de contentieux comme le statut juridique de la frontière en Irlande et le rôle de la Cour de Justice Européenne. Si le Royaume-Uni réclame une sortie intégrale de la juridiction européenne, elle reconnait néanmoins que la CJE pourrait jouer un rôle d’arbitre en cas de conflits et différence d’interprétation entre britanniques et européens. En proposant de collecter les droits de douane pour le compte de Bruxelles pour tout biens et marchandises transitant sur son territoire en direction de l’Union Européenne, le gouvernement britannique espère avoir trouvé la solution qui permettra d’éviter la mise en place de frontières physiques entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. La livre sterling est restée étonnement calme jeudi et s’est maintenue à proximité du palier de £0,8850 (clôture à £0,8835), les investisseurs préférant rester  globalement prudents en attendant d’avoir les premières réactions du camp européen à ce nouveau plan de sortie proposé par Theresa May.

Ce nouveau plan de sortie qui propose de conserver des liens étroits avec l’Union Européenne suscite de nombreuses questions du côté britannique. Si l’on pouvait initialement se réjouir d’un scénario qui pourrait permettre au Royaume-Uni d’éviter une rupture brutale sans accord, la perte d’accès des banques britanniques au marché européen fait malgré tout craindre d’importantes répercussions économiques. Cette proposition a notamment été sévèrement critiqué du côté des responsables de la City de Londres qui ont évoqué un véritable « coup dur ». Ce matin, la livre sterling repart à la baisse et repasse au-dessus du niveau de £0,8850 alors que le projet d’un accord bilatéral de libre-échange entre les Etats Unis et le Royaume-Uni, dont Londres comptait fixer les bases à l’occasion de la visite actuelle de Donald Trump, semble avoir pris un sérieux coup dans l’aile. En effet, ce matin le président américain a annoncé qu’un tel accord était mis en suspens si le gouvernement britannique s’évertuait à mettre en place son nouveau plan sur le Brexit.

Perf 2018 = -0,28% / Moyenne 2018 = £0,8799 / Point haut 12 juillet 2018 = £0,8850 / Point bas 12 juillet 2018 = £0,8818 / Clôture 12 juillet 2018 = £0,8835

JPY

EUR/JPY :

Profitant du regain d’optimisme des marchés au regard de l’adoucissement des critiques de Donald Trump sur l’OTAN – confirmation qu’il souhaitait maintenir l’organisation – et de la volonté apparente des Etats Unis et de la Chine à se rasseoir à la même table des négociations, le cours EUR/JPY a enregistré jeudi une 6ième séance consécutive de hausse et atteint à cette occasion un pic de plus de deux mois à ¥131,47. Un plafond a peut-être été atteint et le cours de change enregistre ce matin un léger recul, mais se maintient pour le moment toujours au-dessus du seuil de ¥131. Les nouvelles statistiques commerciales chinoises publiées ce matin, très largement au-dessus des attentes (surplus commercial de $41,6Mds en juin vs cons. $27,6Mds), pourraient servir de prétexte à de nouvelles critiques de la part de Washington et jeter le trouble sur l’espoir d’une possible entente entre les deux pays sur le plan commercial. Le surplus commercial historique (pic depuis 1999) enregistré par la Chine vis-à-vis des Etats Unis en juin ne semble pas traduire une volonté de réduire les déséquilibres régulièrement pointés du doigt par la Maison Blanche. Les pressions baissières pourraient ainsi s’accentuer en cas de nouveau pic de nervosité sur les marchés.

Perf 2018 = -2,97% / Moyenne 2018 = ¥131,46 / Point haut 12 juillet 2018 = ¥131,47 / Point bas 12 juillet 2018 = ¥130,64 / Clôture 12 juillet 2018 = ¥131,31

CHF

EUR/CHF :

Surfant sur la petite vague d’optimisme déferlant sur les marchés – craintes de nouvelles tensions entre la Chine et les Etats Unis dégonflées par l’absence de répliques de Pékin et les échos de possible réouverture d’un dialogue entre les deux camps – le cours EUR/CHF a enregistré un solide rebond de +0,6% et atteint le palier de1,17 pour la 1ière fois depuis 7 semaines. La magnitude du rebond apparaît surprenant compte tenu de l’actualité plutôt calme en Europe et vient nourrir les spéculation d’une présence de l’ombre de la banque centrale suisse sur les marchés des changes. Pour le moment aucune information ne confirme cette hypothèse, mais la correction ce matin du cours de change à1,1670 donne du crédit à l’hypothèse d’un mouvement non-directionnel mais provoqué « mécaniquement ». Ce repli confirme également le statut de plafond technique clé qu’a le palier de ₣1,17 dans l’esprit des investisseurs. L’influence du mouvement du cours EUR/USD – actuellement sur le recul – laisse présager une consolidation de la position de l’EUR/CHF dans un couloir de ₣1,1650-₣1,1700 lors de cette dernière séance de la semaine.

Perf 2018 = -0,19% / Moyenne 2018 = ₣1,1691 / Point haut 12 juillet 2018 = ₣1,1708 / Point bas 12 juillet 2018 = ₣1,1619 / Clôture 12 juillet 2018 = ₣1,1696