Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 8 juin 2018 – Sommaire :

  • Correction de l’euro sur fond de prises de bénéfices à la lecture de fondamentaux allemands décevants et sous l’influence d’un dégonflement des spéculations monétaires des deux précédentes séances. Nervosité palpable des investisseurs en amont du Sommet du G7.
  • L’EUR/USD chute de -0,3% sous $1,18 alors que la production industrielle s’est contractée de manière inattendue de -1% et que le recul des exportations allemandes en avril s’est révélé deux fois plus importants que prévu. Correction naturelle après avoir atteint la veille un pic de 3 semaines.
  • Le cours EUR/JPY retombe sous le seuil de ¥129 ce matin alors que l’on observe un regain de nervosité des marchés des changes à l’approche du Sommet du G7 qui se profile comme un affrontement frontal entre les Etats Unis et le reste des 6 participants.
  • Paire EUR/CHF qui fluctue au centre de son couloir étroit de ₣1,15-₣1,16.
  • Rapport pessimiste de la Confédération de l’Industrie Britannique vis-à-vis des perspectives de croissance au Royaume-Uni. Handicap du Brexit estimé très important. Le cours EUR/GBP recule légèrement mais reste à proximité de la barrière de £0,88.
  • L’EUR/CAD tente de casser son seuil de résistance de C$1,5320 et oscille sur ses plus hauts niveaux depuis presque un mois. CAD impacté par les tensions commerciales qui se sont récemment intensifiées entre Washington et Ottawa. Chiffres de l’emploi à suivre (14h30).
  • Le dollar australien poursuit sa correction face à l’euro malgré des statistiques commerciales en Chine plutôt solides (hausse des importations de 26,0% et hausse des exportations de 12,6%). Les tensions commerciales actuelles pèsent sur la valeur de l’AUD. Retour à plus de A$1,55 ce matin (pic de la semaine).
  • Le rand accentue sa chute et approche de ses plus bas niveaux depuis 6 mois. Le cours EUR/ZAR enregistre un rebond de 6% en 4 séances et oscille ce matin au-dessus du seuil de ZAR 15,50.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :La « lune de miel » entre les investisseurs et l’euro s’est poursuivie jeudi, la devise européenne enregistrant au passage un nouveau pic de 3 semaines face au dollar américain à $1,1840 grâce à l’appui d’un regain d’optimisme des investisseurs sur un possible arrêt définitif du programme d’assouplissement monétaire (ie. programme de rachat d’actifs lancé en mars 2015) d’ici la fin de l’année. Cette dynamique s’est néanmoins essoufflée lors de la séance américaine et le cours de change s’est rétractée vers le seuil de $1,18 sous l’impulsion de légers gains du dollar, la légère baisse des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage aux Etats Unis publiée dans l’après-midi offrant un nouvel argument (un de plus) à la réserve fédérale américaine pour rehausser ses taux directeur en juin (probabilité estimée à 85% sur les marchés à terme). Il n’est pas impossible non plus que l’EUR/USD ait légèrement souffert en fin de journée d’un léger regain de nervosité chez les investisseurs à l’approche du Sommet du G7 débutant vendredi au Canada, lequel s’annonce comme une confrontation directe entre les Etats Unis d’un côté et l’ensemble des participants (France, Allemagne, Canada, Royaume-Uni, Italie et Japon) lésés par les récentes mesures protectionnistes sur l’acier de l’autre.

Nouvelle déception ce matin en provenance d’Allemagne où l’on observe une contraction inattendue et significative de la production industrielle au mois d’avril (-1,0% M/M vs cons. +0,3%) et un recul plus important que prévu du surplus commercial au mois d’avril (€19,4Mds vs cons. €21,0Mds) provoqué par une nouvelle contraction – la 3ième cette année – des exportations (-0,30% M/M vs cons. -0,15%). De par son modèle de croissance centré sur les exportations et l’industrie, l’Allemagne s’avère être la principale victime de la politique protectionniste américaine. Si les marchés ne semblent pour le moment prêter que peu d’attention au fléchissement prolongé de la dynamique de croissance au sein de la 1ière économie européenne ; ces derniers préférant pour le moment se concentrer sur les échéances monétaires à venir (réunion de la BCE jeudi prochain) ; cette réalité devrait à moyen terme contenir le potentiel haussier de la paire de change (maintien dans un couloir de $1,15-$1,20). C’est du moins la vision partagée par une majorité d’observateurs si l’on en croit les résultats de la dernière enquête de projection publiée jeudi par l’agence Reuters et dans laquelle on observe une importante révision à la baisse de la projection médiane à 6 mois de $1,24 à $1,20. La projection médiane à 12 mois est réduite à $1,24 contre $1,27 le mois dernier.

Après quatre séances consécutives de hausse (performance cumulée de +1,2% entre lundi et jeudi), la paire EUR/USD corrige légèrement ce vendredi matin et retombe sous le seuil de $1,18, l’euro se retrouvant sous pression faute de fondamentaux solides en Allemagne mais également un dégonflement progressive des spéculations monétaires relatives aux futurs choix de la BCE. Cette dynamique baissière pourrait se prolonger tout au long de la journée malgré un calendrier économique plutôt léger ce vendredi en Zone Euro et aux Etats Unis, l’EUR/USD apparaissant sous la menace de mouvements de prises de bénéfices après son rebond cette semaine et d’un regain de nervosité des marchés en amont de l’ouverture du Sommet du G7.

Perf 2018 = -1,97% / Moyenne 2018 = $1,2159 / Point haut 7 juin 2018 = $1,1840 / Point bas 7 juin 2018 = $1,1770 / Clôture 7 juin 2018 = $1,1797

GBP

EUR/GBP : Faute de statistiques économiques majeures au Royaume-Uni, l’actualité relative au Brexit a repris ses droits et eu un impact significatif sur la devise britannique jeudi. Très attendue par les observateurs, la proposition du gouvernement britannique pour empêcher l’introduction d’une nouvelle frontière physique en Irlande une fois le Brexit effectif a reçu un accueil très mitigé. Londres propose un « arrangement douanier temporaire » qui lierait le Royaume-Uni à l’union douanière européenne pendant une période maximale d’un an dans la mesure où aucun accord commercial n’était obtenu d’ici la fin de la période de transition courant jusqu’à fin décembre 2020. Non inclus dans le texte initialement dévoilé par la première ministre à son cabinet ministériel, la limite temporelle de cette mesure d’urgence ou « backstop » a, d’après les informations relayées par plusieurs médias, été ajoutée dans les derniers instants précédant la publication du rapport gouvernemental sous la pression du ministre du Brexit, David Davis, qui aurait mis sa démission dans la balance. Outre les dissensions politiques internes que révèlent cet épisode, , lesquelles se révèlent un vrai frein dans les négociations de sortie, il demeure en parallèle l’incertitude d’un possible rejet de cette proposition du côté européen où l’on ne goute pas vraiment aux propositions temporaires. En marge de la publication du rapport du gouvernement britannique, la paire EUR/GBP a fortement rebondi jusqu’à atteindre un pic de trois semaines à presque £0,8840 (point haut recensé à £0,8837 jeudi). La paire de change n’a cependant pas réussi à conserver ses gains, celle-ci se rétractant en fin de journée sous la barrière de £0,88 bien aidée il faut le reconnaître par les propos du membre exécutif de la Banque d’Angleterre Dave Ramsden signalant un redémarrage de la croissance (bien que peu spectaculaire) et des salaires au Royaume-Uni. Son évaluation des perspectives économiques du pays, moins pessimiste que ne nous le laisse suggérer les chiffres publiés depuis le début de l’année 2018 (performance de +0,1% de l’économie britannique au T1), ravive un peu l’espoir qu’une hausse de taux pourrait être opérée d’ici la fin de l’année.

Une enquête de la confédération de l’Industrie Britannique souligne ce matin que l’économie britannique devrait continuer de ralentir sous l’impact des incertitudes liées au processus de sortie hors de l’Union Européenne,  la croissance pourrait selon l’organisation chuter de 1,8% à 1,4% cette année, et tomber à 1,3% en 2019. Une telle analyse ne devrait pas améliorer la côte de désamour des investisseurs à l’égard de la devise britannique. Néanmoins, c’est un mouvement de recul que l’on observe sur la paire EUR/GBP ce matin, celle-ci s’écartant légèrement de la barrière de £0,88 sous l’impact d’une faiblesse de l’euro.   

Perf 2018 =-1,19% / Moyenne 2018 = £0,8796 / Point haut 7 juin 2018 = £0,8837 / Point bas 7 juin 2018 = £0,8774 / Clôture 7 juin 2018 = £0,8788

JPY

EUR/JPY: Après un rebond de plus de 3% et un retour temporaire au-dessus du niveau de ¥130 (pic de deux semaines), la paire EUR/JPY s’est légèrement rétractée jeudi (-0,23% à ¥129,41) en réponse à un regain de nervosité des marchés à l’approche du Sommet du G7 qui se profile comme un affrontement frontal entre les Etats Unis et les reste des participants autour de la question des taxes douanières sur l’acier et l’aluminium appliquées depuis le 1er juin aux membres de l’Union Européenne, au Canada et au Mexique. Selon toute vraisemblance, le président américain ne semble pas disposer à infléchir sa rhétorique protectionniste si l’on s’en tient aux récents échanges avec le premier ministre canadien Justin Trudeau ou ses « tweets » mettant en cause les importants droits de douane subies par les Etats Unis de la part du Canada et de la France. Isolé et mis sous pression par ses partenaires commerciaux, Donald Trump pourrait couper court aux espoirs de possible accord conclu à l’issue de cette conférence, celui-ci ayant déjà prévenu qu’il ne resterait pas jusqu’à la fin des débats se terminant samedi.

Les économistes espéraient ce matin une légère révision à la hausse des chiffres de croissance japonaise au 1er trimestre (consensus +0,1% T/T), or celle-ci est ressortie inchangée par rapport à son estimation initiale à -0,2% T/T, confirmant de ce fait une première contraction de l’économie en plus de 2 ans. Le cours EUR/JPY poursuit sa correction ce vendredi et retombe sous le seuil de ¥129, les investisseurs attendant, non sans crainte, le début des débats à Québec entre les sept principales économies mondiales.  

Perf 2018 = -4,87% / Moyenne 2018 =  ¥131,99 / Point haut 7 juin 2018 =¥130,27 / Point bas 7 juin 2018 =¥129,29 / Clôture 7 juin 2018 =¥129,41

CHF

EUR/CHF : Après un retour temporaire au-dessus de1,16, la paire EUR/CHF est retombée jeudi au centre de son couloir de fluctuation du début de semaine de1,15-1,16. Cela semble dénoter d’une certaine prudence des investisseurs à l’approche de deux évènements à risque (biais haussier sur le franc), le Sommet du G7 au Canada au cours duquel les tensions commerciales pourraient s’intensifier, et le référendum ce dimanche en Suisse portant sur une réforme du système monétaire et la limitation de l’activité de crédit au volume d’encours bancaire inscrits à leur bilan. Par ailleurs, la valorisation de l’euro apparaît à nouveau freinée par un recentrage des regards en direction des fondamentaux économiques, lesquels s’avèrent actuellement relativement inquiétants en Allemagne (activités industrielle & exportatrice impactées). La paire EUR/CHF est stable ce matin et oscille autour du niveau de1,1550. Celle-ci devrait vraisemblablement se maintenir ce vendredi au sein de son couloir étroit et observé avec grande attention les débats au Canada.

Perf 2018 =-1,20% / Moyenne 2018 =  1,1715  / Point haut 7 juin 2018 =1,1635 / Point bas 7 juin 2018 =1,1556 / Clôture 7 juin 2018 =1,1566

CAD

EUR/CAD : L’intensification des tensions entre les Etats Unis et la Canada depuis l’application la semaine passée par Washington de taxes douanières sur l’acier et l’aluminium à l’encontre de son voisin canadien, lesquelles viennent assombrir la perspective d’un accord rapide sur l’ALENA, ont eu d’importantes répercussions sur le dollar canadien. Celui vient subit actuellement un recul de plus de 2% face à l’euro sur les 7 dernières séances (performance en cours) et a même touché jeudi un point bas depuis presque 1 mois à C$1,5361. Alors que la nervosité autour de la devise canadienne reste relativement importante ce vendredi à l’approche du début du Sommet du G7, la devise canadienne pourrait néanmoins bénéficier d’un répit temporaire à travers la publication cette après-midi des nouvelles statistiques sur l’emploi. Un solide rapport (cons. +17,5k vs -1,1k en avril, taux de chômage attendu inchangé à 5,8%) pourrait en effet venir soutenir la perspective d’une hausse de taux au Canada cet été, la banque centrale canadienne s’étant montrée relativement favorable à cette idée lors de sa dernière réunion monétaire  du 30 mai dernier. La perspective d’une hausse de taux en juillet est évaluée actuellement à presque 70% sur les marchés à terme ce qui témoigne du sentiment optimiste actuellement partagé par les investisseurs. Des chiffres décevants viendraient quelque peu discréditer cette hypothèse et pourraient alors accentuer les pertes de la devise canadienne.  À cet égard, nous pourrions alors voir la paire EUR/CAD casser définitivement la résistance située à C$1,5320 et prendre la direction de C$1,55. La nervosité actuellement palpable sur les marchés des changes à l’approche du début du Sommet du G7 pèsent pour le moment sur la devise canadienne et la paire EUR/CAD oscille ce matin autour de son seuil de résistance de C$1,5320

Perf 2018 =+1,42% / Moyenne 2018 =  C$1,5469  / Point haut 7 juin 2018 =C$1,5361 / Point bas 7 juin 2018 =C$1,5236 / Clôture 7 juin 2018 =C$1,5303