Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 12 juin 2018 – Sommaire :

  • Sentiment de détente général qui prédomine sur les marchés des changes après la rencontre cordiale et génératrice d’espoir entre Donald Trump et Kim Jong-un. Un regain d’appétit au risque semble temporairement profiter à l’euro, et place les valeurs refuges sous pression.
  • Après une tentative avortée de retour sous le niveau de $1,1750 en séance asiatique, la paire EUR/USD reste en début de séance européenne à proximité de $1,18. Retour possible des pressions baissières en cours de journée. ZEW allemand et inflation US à suivre.
  • La paire EUR/GBP reste à proximité de la barrière de £0,88 alors que les incertitudes politiques restent palpables au Royaume-Uni. Projet de loi sur le Brexit débattu ce mardi à la chambre des Communes britannique.
  • Le cours EUR/JPY retourne au-dessus de ¥130 tandis que l’EUR/CHF reste relativement stable au-dessus du niveau de ₣1,16.
  • Le dollar canadien reste sous pression en l’absence d’éléments nouveaux venant détendre la relation tumultueuse entre Washington et Ottawa sur le plan commercial. Paire EUR/CAD qui se maintient à plus de C$1,53.
  • La couronne norvégienne efface ses pertes de la veille et profite du rebond des prix du pétrole (Brent à +0,7% à $77) et atteint ce matin un pic de 7 mois face à l’euro sous NOK 9,45.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :Séance de lundi relativement calme à l’approche des réunions monétaires respectives de la FED et de la BCE ce mercredi et jeudi. La recrudescence de tensions observée lors du Sommet du G7 au Canada n’a pas eu de réelles répercussions sur les marchés des changes et sur le dollar américain malgré l’impression laissée d’un isolationnisme de plus en plus important des Etats Unis sur la scène politique et commerciale internationale. Les traders ont été davantage sensibles aux propos tenus au cours du weekend de la part du ministre de l’économie italien ; Giovanni Tria ; réaffirmant la volonté de l’Italie de conserver l’euro. Ces propos ont eu une certaine résonnance lors de la session européenne et poussé l’EUR/USD au-dessus de $1,18, avant que les effets se dissipent progressivement en fin de journée faute d’un léger regain de nervosité sur les marchés à l’approche de la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un (clôture lundi à $1,1782). Au final, le cours de change échoue une nouvelle fois à conclure la journée au-dessus de la barrière des $1,18, preuve s’il en est que les récents gains restent encore fragiles et que l’on a attend du côté des investisseurs européens d’avoir la certitude que la BCE entend poursuivre sa politique de réduction de son soutien monétaire – la question d’un arrêt définitif cette année du programme d’assouplissement quantitatif reste toujours en suspens – et que la situation politique dans la région se stabilise avant de considérer de nouvelles prises de position à l’achat en euro.

Ce mardi matin, le cours EUR/USD était en séance asiatique sur le recul et s’éloignait légèrement du palier de $1,18. Cette perte de valeur semble par s’expliquer par l’anticipation d’un flux de données économiques divergent ce mardi en Zone Euro et aux Etats Unis.En Allemagne, le consensus anticipe un repli de l’indice ZEW de sentiment des investisseurs allemands à un plus bas de plus de 5 ans (cons . -14,0 vs -8,2 en mai). Les taxes à l’import sur l’acier et l’aluminium récemment adressées par Washington aux pays européens et les récentes menaces du camp américain de mise en place de barrières douanières sur le secteur automobile ont des répercussions très néfastes sur la 1ière économie européenne dont le modèle de croissance est principalement basée sur un secteur industriel fort (automobile notamment) et une activité exportatrice dynamique. Si le coup de mou de l’économie allemande a de quoi perturber l’euro, à l’inverse les anticipations de nouvelle accélération de l’inflation aux Etats Unis – dynamique annuelle de l’indice de base attendue en mai à un pic de 15 mois de 2,2% contre 2,1% le mois précédent – pourrait venir relancer les débats dans les rangs de la FED, qui se réunit dès aujourd’hui pour une réunion monétaire de deux jours, sur l’éventuel ajout d’une 4ième hausse de taux au calendrier monétaire de cette année (nouvelles projections économiques et monétaires publiées mercredi soir). Malgré un contexte de détente général - qui apparait favorable à l’euro à en croire le rebond observé en début de séance européenne - qui prédomine après la rencontre entre le président américain et son homologue nord-coréen, la mise en lumière de contextes économiques et monétaires divergents des deux côtés de l’Atlantique pourrait offrir l’occasion au dollar américain de se renforcer légèrement. La volatilité pourrait restée relativement limitée ce mardi, un grand nombre d’acteurs préférant attendre les positions respectives de la FED et de la BCE avant de prendre position, toutefois il y a un plus grand risque de voir l’EUR/USD reprendre la direction de $1,17 d’ici la fin de la journée, sous couvert d’une revalorisation de la devise américaine à la veille de la décision de la FED.

GBP

EUR/GBP : La livre sterling fut lourdement pénalisée lundi par une série de statistiques très décevantes venant relancer les débats sur la santé actuelle de l’économie britannique, laquelle ne s’est pas réellement montrée à son avantage sur le premier trimestre 2018 (croissance de +0,1% T/T). Les secteurs industriel et manufacturier britannique ont tous deux affiché au mois d’avril une surprenante contraction de leur activité alors que le consensus misait à l’inverse sur un léger rebond sur cette période – le secteur manufacturier enregistrant au passage sa plus mauvaise performance depuis plus de 5 ans (-1,4% M/M) – le secteur de la construction a quant à lui enregistré un rebond bien moins important que prévu après sa contre-performance du mois précédent (+0,5% M/M vs cons. +2,1%) tandis que le déficit commercial s’est significativement creusé et atteint un pic de 19 mois de presque £5,4Mds contre £3,8Mds. Déjà peu optimistes vis-à-vis de l’environnement économique britannique qui reste handicapé par l’incertitude que fait peser la prochaine sortie du pays hors de l’UE, les investisseurs voient leurs doutes renforcés sur la capacité de la Banque d’Angleterre de procéder à une hausse de ses taux directeurs d’ici la fin de l’année. Du moins, la perspective d’un resserrement monétaire dès cet été – réunion du 2 août notamment évoquée – s’assombrit de plus en plus. Ce sentiment de défiance s’est aussitôt répercuté sur la livre sterling, laquelle s’est dépréciée de -0,4% face à l’euro. Le cours EUR/GBP a ainsi fait son retour lundi au-dessus du seuil de £0,88 mais s’est finalement montrée incapable de dépasser son pic de 3 mois de £0,8844, la paire stoppant son ascension à £0,8831.

Le cours EUR/GBP reste ce mardi matin sur une pente ascendante ; au-dessus de £0,88 ;  et profite d’un « halo de nervosité » qui flotte au-dessus du Royaume-Uni en ce premier jour de débat au sein de la chambre des Communes sur le projet de loi de sortie hors de l’UE. Les députés britanniques doivent notamment débattre des amendements votés en mai par la chambre des Lords, lesquels veulent notamment imposer au gouvernement britannique la négociation avec Bruxelles d’un maintien au sein de l’union douanière européenne et d’un décalage de la date de sortie tant qu’aucun accord n’est signé. Si ces amendements visent à adoucir les effets néfastes d’une rupture avec l’UE, ils sont cependant contradictoires à la ligne de conduite fixée par Theresa May et son gouvernement. Cette dernière n’est pas à l’abri de voir une coalition entre conservateurs pro-européens et travaillistes lui mettre des bâtons dans les roues et la forcer à changer sa stratégiesur le Brexit. Le cas échéant, il s’agirait d’un nouveau camouflet venant discréditer son leadership en tant que chef du gouvernement et potentiellement relancer les spéculations autour d’un départ prématuré. Outre les débats parlementaires, la livre sterling sera également sensible aux nouvelles statistiques sur l’emploi publiées en milieu de matinée. Les économistes tablent sur peu de changement par rapport au mois précédent, le chômage étant attendu stable à 4,2% et la dynamique de croissance des salaires inchangée à 2,6%. Sans l’appui de statistiques de l’emploi meilleurs que prévu, la montée graduelle des incertitudes politiques au Royaume-Uni pourrait donner l’occasion à la paire EUR/GBP de s’approcher de ses pics des trois derniers mois, et pourquoi pas franchir la barrière de £0,8850 pour la 1ière fois depuis mars.

JPY

EUR/JPY: Le monde retenait son souffle à l’approche de la première rencontre entre le président américain et son homologue nord-coréen, lesquels s’étaient livrés une véritable guerre des mots l’année dernière à coup de menaces de représailles militaires. C’est un souffle de soulagement qui peut désormais être lâché puisque cette rencontre s’est déroulée sans tensions ; les deux dirigeants affichant à cette occasion une entente cordiale ; et s’est conclu sur la signature d’un accord qui laisse présager un engagement de Pyongyang à procéder à un arrêt progressif de ses activités nucléaires. Si le contenu de l’accord n’avait pas encore été rendu public ce matin, c’est du moins cette idée qui se dégageait à l’écoute des premières impressions du président américain, lequel évoque « une dénucléarisation très rapide » de la Corée du Nord. S’il est encore trop tôt pour crier victoire, cette première rencontre en amenant certainement d’autres dans le futur, cette première prise de contact est néanmoins rassurante et est source d’espoir qu’un accord de paix pourrait être à terme trouvé. Si l’on observe aucune euphorie ce matin sur les marchés des changes, le sentiment de détente général qui se dégage après cette rencontre très attendue, et considérée à très haut risque, assurer un léger désengagement des investisseurs de leurs positions en yen. À cette occasion, le cours EUR/JPY rebondit modestement ce matin et fait son retour au niveau de ¥130. Les pressions haussières restent pour le moment mesurées eu égard aux interrogations qui prédominent en amont des réunions monétaires cette semaine de la BCE et de la Banque du Japon.

CHF

EUR/CHF : Après un large sursaut de la paire EUR/CHF à un pic de deux semaines de plus de1,1650, sursaut provoqué par l’effet de soulagement en réaction au refus massif des citoyens suisses à la proposition de réforme du système monétaire (initiative « Monnaie pleine »), les pressions haussières sur le cours de change se sont progressivement atténuées au fil de la journée. Si le cours de change a réussi à se maintenir au-dessus du seuil de1,16, on voit que, comme pour l’EUR/USD, les récents gains acquis restent globalement fragiles malgré un contexte politique moins hostile en Zone Euro et des propos optimismes de certains responsables monétaires européens la semaine dernière. La ligne de conduite de la BCE, c’est l’interrogation qui occupe l’esprit de nombreux observateurs européens et qui semble contenir pour le moment les tentatives de redressement de la paire EUR/CHF. Le sentiment de détente générale qui se dégage sur les marchés après la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un maintient pour le moment à flot l’EUR/CHF, même si la paire n’est pas à l’abri de rencontrer en fin de matinée quelques pressions baissières si l’indice ZEW allemand se révèle, comme attendu, très décevant.