Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 5 juillet 2018 – Sommaire :

  • Rebond de l’euro en réaction à la publication d’un rapport illustrant l’inconfort de certains membres de la BCE jugeant une 1ière hausse de taux en décembre 2019 trop tardive. Effets qui pourraient se dissiper lors d’une séance américaine marquée par la publication des Minutes de la Fed de la réunion de juin.
  • L’EUR/USD a enregistré un pic à plus de $1,17 ce matin mais voit déjà les effets « BCE » commencer à se dissiper. Journée chargées aux Etats Unis : chiffres ADP, indices ISM non-manufacturier et Minutes de la Fed.
  • L’EUR/GBP se maintient dans un couloir de £0,8800-£0,8850 alors que les médias britanniques dévoilent ce matin le nouveau plan d’accord douanier que présentera demain Theresa May à son cabinet ministériel.
  • Les spéculations monétaires sur l’euro renvoient l’EUR/JPY au-dessus de ¥129 et l’EUR/CHF à ₣1,16.
  • L’EUR/AUD efface ses pertes des derniers jours et remonte au-dessus du seuil de A$1,58. La relation tumultueuse entre la Chine et les Etats Unis reste dans l’actualité en cette veille de mise en vigueur, de part et d’autres, des premières mesures douanières.
  • L’EUR/CAD oscille autour de C$1,5350 en attendant les chiffres de l’emploi canadiens qui seront publiés vendredi. Le dollar canadien est pénalisé par le léger recul ce matin des prix du pétrole.   
  • L’EUR/CNH efface une partie des pertes des deux dernières séances (-0,5%) et oscille ce matin autour du seuil de ¥7,77.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

 

USD

EUR/USD : Séance de mercredi très calme pour l’EUR/USD dû notamment à l’absence des acteurs américains sur les marchés (fête nationale aux Etats Unis) et au maintien des incertitudes autour de la situation politique en Allemagne. Résultat des courses, la paire de change est resté assez stable et a passé une grande partie de la journée à osciller autour du seuil de $1,1650. On aurait pu s’attendre à un renforcement plus important de l’euro en marge de la de révision à la hausse de l’indice d’activité du secteur privé de la Zone Euro en juin (55,2 vs 55,0 en 1ière estimation) cependant l’absence d’annonce d’entente trouvée entre la chancelière allemande et son 3ième partenaire de coalition, le SPD, concernant la récente signature de l’accord européen sur les migrations maintient sur pied le risque d’un éclatement du gouvernement allemand.

En cette journée de jeudi qui s’annoncent très riches, notamment du côté américain avec entres autres les publications des chiffres d’emploi ADP dans le secteur privé (14h15), des indices ISM d’activité dans le secteur non-manufacturier (16h00), et comme point d’orgue de la séance les Minutes de la Fed (20h00) de la réunion du 12-13 juin dernier. Celui-ci sera particulièrement observé par les marchés puisqu’il apportera une grille de lecture des choix de la banque centrale américaine et reviendra sur les motivations qui l’ont poussé à procéder à un nouveau resserrement monétaire de 25pbs et à inscrire une 4ième hausse de taux à son agenda monétaire de l’année. Les investisseurs seront aussi curieux d’évaluer la sensibilité des banquiers centraux aux facteurs externes, et principalement aux tensions commerciales qui se sont significativement accélérées ces dernières semaines et qui aux yeux d’un nombre croissant d’observateurs pourraient avoir des répercussions bien plus dommageables que prévu pour l’économie mondiale. Si les marchés ont la perception que la dégradation de l’environnement extérieur est susceptible d’avoir une influence sur les futures prises de décision de la Fed, dès lors la montée d’une pointe de scepticisme à l’égard de la réalisation de l’agenda monétaire de la banque sur le 2nd semestre pourrait venir impacter le dollar, et ainsi donner l’occasion à la paire EUR/USD d’initier une sortie hors de son couloir actuel de $1,15-$1,17. Un tel scénario reste également suspendu à un déblocage de la situation politique en Allemagne.

Cependant, ce matin ce n’est pas la banque centrale américaine mais sa consœur européenne qui fait l’actualité et impacte positivement la volatilité de l’EUR/USD. En effet, le cours de change vient tester ce matin le seuil de $1,17 (barrière touchée) avant l’ouverture des marchés européens en réaction à la publication d’un rapport illustrant l’inconfort de certains membres de la BCE à procéder à une première hausse de taux qu’à partir de la fin d’année 2019, un timing qui à leurs yeux semblent trop tardif. De ce fait, l’euro profite d’un léger repositionnement des anticipations sur les marchés monétaires d’une première hausse de taux au mois de septembre 2019. Ces effets pourraient progressivement s’estompés au fil de la journée à l’approche de l’ouverture des marchés américains qui font leur retour après un jour férié.

GBP

EUR/GBP : La passe de trois a été réussi. Trois enquêtes PMI publiées cette semaine au Royaume-Uni et trois résultats meilleurs que prévu et indiquant une progression de l’économie britannique. Mercredi, c’est le secteur des services qui a donné satisfaction en enregistrant en juin sa plus forte dynamique depuis 8 mois alors que le consensus misait sur une dynamique stable à cette période (indice ressorti à 55,1 vs cons. 54,0 et 54,0 en mai). Si l’on se base sur le rapport de l’agence Markit en charge de la construction de ces indices, l’économie britannique aurait progressé de +0,4% au second trimestre, soit une performance deux fois plus importantes que celle enregistrée lors des trois premiers mois de l’année 2018. Cette reprise supposée de l’économie entre avril et juin offre un nouvel argument à ceux qui militent pour une nouvelle hausse de taux de la Banque d’Angleterre cet été. Alors que les marchés monétaires évaluaient à 50-50 la probabilité de la réalisation d’un tel scénario avant la publication de l’indice PMI dans le secteur privé, celle-ci est désormais proche de 60% jeudi matin. Ces spéculations monétaires autour de l’agenda de la banque centrale britannique a favorisé un modeste rebond de la livre sterling face à l’euro (+0,3% à £0,8811), toutefois insuffisant pour lui assurer un retour sous le seuil de £0,88. Celui-ci a bien été testé mercredi (point bas recensé à £0,8797) mais la marche s’est avérée trop importante, la faute très certainement aux interrogations qui subsistent autour du Brexit et surtout sur la nouvelle ligne directrice que Theresa May compte présenter vendredi à l’ensemble de ses ministres. 

Après deux séances consécutives de hausse face à l’euro et une performance cumulée de +0,5%, la livre sterling est de nouveau sur le recul ce jeudi matin alors que les médias britanniques commencent à révéler les détails du nouveau plan d’accord douanier que la première ministre compte négocier avec Bruxelles et qui sera présenté et discuté demain avec l’ensemble des membres du gouvernement.  D’après la BBC, ce plan d’ « accord douanier simplifié » offrirait au Royaume-Uni la capacité de fixer ses propres droits de douanes sur les biens entrant sur son territoire mais aurait un fonctionnement en ligne avec la réglementation européenne actuelle. Il n’est pas certain que les conservateurs partisans du Brexit et d’une rupture intégrale avec l’UE accueillent favorablement cette option, ce qui laisse présager de vifs échanges vendredi au sein du cabinet de Theresa May entre les pros et anti-européens. La première ministre pourrait alors s’exposer à de nouveaux départs importants au sein de son gouvernement. De telles turbulences ne seraient pas vues d’un bon œil du côté des marchés et offriraient alors une nouvelle raison aux investisseurs de rester éloignés de la livre. Ce matin, la livre sterling efface intégralement les gains de la veille acquis face à l’euro et l’EUR/GBP reprend la direction du niveau de £0,8850.

JPY

EUR/JPY :Si les mouvements restent très modestes, on notera malgré tout que la paire EUR/JPY a enregistré mercredi un troisième recul consécutif (-0,4% sur les 3 premières séances de la semaine) et est retombée sous la barrière de ¥129, la faute à un environnement économique et financier qui reste dégradé par le maintien de frictions entre la Chine et les Etats Unis et d’incertitudes politiques en Europe (Allemagne dans le viseur des marchés). Cependant, en l’absence sur les marchés hier des investisseurs américains (fête nationale aux Etats Unis) et de nouveaux troubles majeurs, la volatilité est restée très mesurée. 

Ce matin, l’aspect monétaire fait son retour et revient influencer la volatilité de l’EUR/JPY.Bien aidé par un rebond de l’euro et un repositionnement des anticipations de 1ière hausse de taux en Europe vers la date de septembre 2019, la paire de change rebondit au-dessus du seuil de ¥129 et enregistré une pointe à ¥129,50. Ces effets pourraient néanmoins rapidement se dissiper une fois la nouvelle digérée alors que les tensions entre Pékin et Washington pourraient reprendre de plus belle avec l’application ce vendredi, de part et d’autre, des premières taxes douanières. Alors que Pékin a indiqué mercredi qu’elle activerait dès demain minuit une série de taxes sur $34Mds de produits américains en tant que mesures directes de représailles (activation vendredi de taxes américaines sur un volume identique de produits chinois), Donald Trump a laissé entendre que de nouvelles actions pourraient être prises à l’encontre de son partenaire chinois si Pékin procédait à une telle action. Un retour de l’EUR/JPY à ¥130 n’est peut-être pas pour tout de suite.

CHF

EUR/CHF :  Nous avons assisté mercredi à une séance peu volatile de la part de la paire EUR/CHF, celle-ci se maintenant dans la partie supérieure de son couloir étroit de1,15-1,16 sans pour autant montrer de signes particuliers de direction. Sous l’impulsion d’un réveil de l’euro stimulé par de nouvelles spéculations monétaires en Europe (rapport illustrant qu’une 1ière hausse de taux fin 2019 est jugée trop tardive par plusieurs membres de la BCE), le cours EUR/CHF s’attaque ce matin à la barrière de1,16 et tente de briser ce plafond actif depuis la réunion monétaire de la BCE du 14 juin dernier. Difficile cependant d’imaginer la paire de change se maintenir durablement au-dessus de ce niveau grâce aux effets de cette seule nouvelle, d’autant plus que le risque de chute du gouvernement allemand reste présent tant que les sociaux-démocrates ; 3ième larron de la coalition actuelle ; n’auront pas donné leur aval au compromis trouvé entre la CDU et la CSU sur les questions migratoires, et que l’accélération de l’inflation suisse à un nouveau pic de 8 ans (1,1% en rythme annuel en juin vs 1,0% en mai) ne devrait pas donner aucune raison aux responsables monétaires suisses de sortir de leur réserve actuelle. Si la paire EUR/CHF reste sensible au volet monétaire, un véritable rebond de celle-ci reste dépendant de l’actualité politique en Europe.