Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 6 juillet 2018 – Sommaire :

  • Nouveau rebond de l’euro sur fond de bons résultats du secteur industriel allemand et de soulagement après l’accord trouvé entre SPD et CDU sur la question migratoire. Tensions entre Chine et Etats Unis surveillés alors que les premières taxes douanières ciblés entrent en vigueur ce vendredi.
  • L’EUR/USD s’attaque de nouveau à la barrière de $1,17 mais celle-ci tient bon pour le moment. Chiffres de l’emploi aux Etats Unis à suivre (14h30).
  • L’EUR/GBP est stable ce matin aux portes du seuil de £0,8850 alors que l’on suivra avec attention les réactions des membres du cabinet ministériel britannique à la présentation du plan d’accord douanier faite ce vendredi par Theresa May.
  • L’EUR/CHF consolide sa position au-dessus de ₣1,16 – pic de 3 semaines – mais peine à accélérer son ascension ce matin.
  • L’EUR/JPY est stable ce matin à plus de ¥129. Les marchés restent prudents face à de possibles coups d’éclat en provenance de Washington et/ou Pékin.
  • Léger rebond de l’EUR/CAD mais celui-ci se maintient toujours dans son couloir de C$1,53-C$1,54. Possible agitation de la volatilité dans l’après-midi en marge de la publication des nouveaux chiffres de l’emploi au Canada (14h30).
  • L’EUR/CNH revient ce matin sur les niveaux de ¥7,80 (plafond observé depuis début avril).

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : L’EUR/USD aura passé une bonne partie de la journée à tenter de casser son seuil de résistance de $1,17 mais n’y ait finalement pas parvenu, échouant tout de même à son plus haut niveau de la semaine (clôture jeudi à $1,1689). Tous les éléments étaient pourtant réuni pour cela. En début de matinée, les très bons chiffres de commandes industrielles en Allemagne (+2,6% M/M en mai vs cons. +1,1%) et un rapport laissant suggérer que la BCE n’attendrait peut-être pas la fin d’année prochaine pour remonter une 1ière fois ses taux directeurs venaient réveiller l’euro de sa torpeur (pic recensé à $1,1720). Il fallait cependant craindre une possible résistance du dollar dans l’après-midi lors d’une séance américaine riche en chiffre. Ce fut le cas puisque malgré un rapport ADP légèrement en-dessous des attentes (177k créations d’emploi dans le secteur privé en juin vs cons.  190k), les bons résultats de l’enquête ISM d’activité dans le secteur non-manufacturier (pic de 4 mois à 59,1 vs cons. 58,3) ont rapidement effacé les traces de déception, et ainsi freiné l’ascension de l’EUR/USD. L’évènement de la séance de jeudi restait cependant les Minutes de la réunion monétaire de la réserve fédérale américaine en juin, et le moins que l’on puisse dire est qu’elles n’ont provoqué autant de remous qu’on aurait pu le penser. Si le document révèle que les responsables américains surveillent de près la montée des tensions commerciales qui représentent selon eux une véritable menace pour l’économie, à contrario ils se montrent surpris par la vigueur de l’activité économique aux Etats Unis et entendent poursuivre leur politique de hausse de taux. Deux interventions sont désormais inscrites à l’agenda de la FED pour le second semestre, ce qui laisse présager une action en septembre et une dernière en décembre… à moins qu’un grain de sable vienne enrayer la machine. Le thème d’une prochaine récession aux Etats Unis – scénario de plus en plus discuté sur les marchés alors que l’on observe actuellement un aplanissement important de la courbe des taux – a été discuté par la Fed en juin mais pour le moment ce risque ne semble pas réellement inquiéter outre mesure les responsables américains. Si l’évocation des tensions commerciales par la Fed a favorisé un léger repli du dollar – la référence suggère que ce risque externe pourrait influer les futures prises de décision – cela n’a néanmoins pas suffit pour envoyer le cours au-dessus de $1,17.

L’échec de la veille ne semble pas avoir entamé la volonté du cours EUR/USD de sortir du couloir de $1,15-$1,17 dans lequel il évolue depuis maintenant 3 semaines et la réunion de la BCE du 14 juin. Ce vendredi matin, juste avant l’ouverture des marchés européens, l’EUR/USD faisant son retour au-dessus de $1,17, tiré par de bonnes nouvelles en provenance d’Allemagne. Si le secteur industriel allemand semble repartir de plus belle – hausse bien au-dessus des attentes de la production industrielle en mai (+2,6% M/M vs cons. +0,3%) – l’information qui rassure les acteurs européens ce matin est l’annonce jeudi soir d’un accord trouvé par les trois partis de la coalition gouvernementale (CDU, CSU et SPD) sur un accord migratoire. Angela Merkel peut souffler, son gouvernement tient bon et son 4ième mandat semble à nouveau hors de danger. Alors que l’on espérait que la dissipation des incertitudes politiques en Europe offrirait un coup de pouce à l’euro, pour le moment les effets restent très modestes et la barrière des $1,17 tient bon. La faute à un actualité principalement focalisée ce vendredi par le retour dans la lumière de la rivalité entre Pékin et Washington avec la mise en vigueur des premières taxes douanières américaines sur $34Mds de produits chinois et aux anticipations d’un nouveau solide rapport sur l’emploi aux Etats Unis (14h30). L’effet haussier sur la paire EUR/USD pourrait être donc décalé dans le temps si tenté que les tensions globales s’apaisent progressivement et que les chiffres américains ressortent moins robustes que prévu.

 

GBP

EUR/GBP : Les propos optimistes du gouverneur central britannique Mark Carney n’ont pas suffi à donner un nouvel élan à la livre sterling, le volet politique prenant clairement le pas sur le volet monétaire hier. En réaffirmant que les difficultés rencontrées par l’économie britannique au 1er trimestre n’étaient que temporaires (croissance de seulement +0,2% au T1 2018) et commençaient à se dissiper au second trimestre, le président de la Banque d’Angleterre vient mettre en relief la bonne dynamique observé à travers les résultats des enquêtes PMI publiées cette semaine et donne un peu plus de crédit à un scénario de nouvelle hausse de taux début août. Ce scénario a d’ailleurs vu sa probabilité monter de 57% à 64% sur les marchés monétaires. Néanmoins, cela n’a eu que très peu d’impacts sur la livre sterling jeudi, la devise britannique affichant en effet un repli de -0,3% face à l’euro et revenant aux abords de la barrière de £0,8850 (pic recensé à £0,8857, clôture à £0,8840). Les raisons de cette nouvelle faiblesse est, sans surprise, une nouvelle fois liées au Brexit, les investisseurs étant clairement focalisés hier sur la présentation vendredi du futur plan d’accord douanier par Theresa May aux membres de son cabinet. De nombreuses inquiétudes entourent les réactions des membres du gouvernements, et l’on craint que l’on assiste à un nouveau déchirement interne entre le camp pro-européen et celui partisan du Brexit. Si l’on en croit les premiers échos relayés dans les médias ou en provenance même du porte-parole du gouvernement britannique, cet accord offrait la liberté au Royaume-Uni de négocier directement ses propres accords commerciaux avec ses partenaires tout en respectant la réglementation européenne. Cet « accord douanier facilité » récolterait à travers un système automatisé les frais de douane en fonction de la destination finale des marchandises , et ainsi reverserait à Bruxelles les droits de douane pour les marchandises en transit. Du côté britannique, cette solution « miracle » solutionnerait également le contentieux qui subsiste autour du futur statut juridique de la frontière en Irlande. On attend de voir ce qu’en pense Bruxelles.    

Theresa May parviendra-t-elle enfin à obtenir une union sacrée de la part des membres de son gouvernement derrière son projet de sortie ? Ce sera tout l’enjeu de la séance de vendredi, sachant que de nouvelles tensions internes, voire dans le cas le plus extrême de nouveaux départs du gouvernement, viendraient lourdement peser sur la valorisation de la livre sterling. Assez pour renvoyer la paire EUR/GBP au-dessus du seuil de £0,89 pour la 1ière fois depuis mi-mars ? Possible. Dans le cas inverse, un terrain d’entente trouver viendrait renforcer la crédibilité de Theresa May et desserrer légèrement l’étau qui presse la livre (tentative de retour vers £0,88). En effet, si les membres du gouvernement britannique parvienne à accorder leur violon, cela facilitera la sortie rapide du Livre Blanc qui doit présenter la stratégie de sortie du Royaume-Uni et servir de cadre de travail à une reprise rapide et constructive des négociations avec les dirigeants européens.

JPY

EUR/JPY :Un apaisement des frictions commerciales entre l’Union Européenne et les Etats Unis – Angela Merkel se veut conciliante et prête à réduire les tarifs douaniers sur les importations européens d’automobiles en provenance des Etats Unis si en échange son partenaire américain abandonne son projet de taxes des automobiles produites en Europe – et une poussée de l’euro ont favorisé un rebond de l’EUR/JPY à plus de ¥129. Le cours de change accentue son ascension ce matin et oscille désormais sur ses plus hauts niveaux depuis 3 semaines, autour du niveau de ¥129,50, sous l’effet d’un nouveau mouvement haussier sur l’euro. Les pressions restent néanmoins toujours modestes pour le moment, les investisseurs préférant rester sur leur garde et surveiller d’éventuelles coups d’éclat en provenance de Washington et/ou Pékin. Les Etats Unis mettent ce vendredi en vigueur une taxe de 25% sur les importations de $34Mds produits chinois, une décision qui devrait enclencher des représailles de la part de la Chine. En l’absence d’annonces majeures, et sous couvert d’une normalisation progressive de la situation politique en Allemagne suite à l’accord trouvé hier par l’ensemble des membres du gouvernement sur la question migratoire, il est possible que l’on assiste à une accélération du rebond de la paire EUR/JPY et une tentative de retour au-dessus de ¥130.

CHF

EUR/CHF :  Le rebond de l’euro favorisé par de bons résultats de l’activité industrielle en Allemagne et une stabilisation de la situation politique dans le pays après l’annonce d’entente trouvé entre les trois partenaires de coalition sur les questions migratoires ont permis hier à l’EUR/CHF de sortir du couloir de1,15-1,16 dans lequel il était coincé depuis 3 semaines(clôture à1,1612). Ce palier franchi, la paire de change consolide actuellement sa position au-dessus de1,16 et continue ce matin de progresser.La dynamique reste néanmoins très lente et graduelle alors que l’environnement global reste suspendu à une possible nouvelle dégradation de la relation entre Pékin et Washington.

CAD

EUR/CAD :  Oscillant dans un couloir étroit de C$1,53-C$1,54 depuis le début de la semaine, la volatilité du cours EUR/CAD pourrait s’agiter en cette fin de semaine à l’occasion de la publication des nouveaux chiffres sur l’emploi au Canada, dernière statistique économique majeure avant la réunion monétaire de mercredi prochain. Un solide rapport sur l’emploi préfigurerait-il d’une nouvelle hausse de taux de la part de la Banque du Canada après une pause de 6 mois ?  Très confiants au début du mois de juin, les investisseurs apparaissent désormais plus partagés face à ce scénario, sa probabilité de réalisation étant actuellement évaluée à 67% sur les marchés monétaires. En cause, des ventes au détail très décevantes au mois d’avril, et surtout un environnement global fortement dégradé par la multiplication de tensions commerciales entre les Etats Unis et ses partenaires commerciaux. Le dollar canadien paye aussi cette semaine la légère correction des prix du pétrole brut américain après une hausse de plus de 13% la semaine dernière. Rebond vers C$1,55 ou chute en direction de C$1,50 ? D’importants mouvements sur les marchés monétaires sur fond de retour des spéculations monétaires pourraient en effet sortir l’EUR/CAD de sa léthargie actuelle. Chiffres de l’emploi à suivre en début d’après-midi à 14h30.