Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 10 juillet 2018 – Sommaire :

  • Après avoir agité l’actualité lundi, la livre sterling panse ses plaies ce mardi. Le climat global reste moins averse au risque face à l’absence de nouvelles frictions commerciales d’où une hausse de la demande pour les devises « cycliques » et une perte de vitesse des valeurs refuges.
  • L’EUR/USD marque légèrement le pas en l’absence de nouveaux leviers haussiers sur l’euro et retombe sous le seuil de $1,1750 ce matin. Indices ZEW allemand à suivre ce matin (11h00).
  • La livre sterling panse ses plaies et l’EUR/GBP revient sous le seuil de £0,8850 (0,3%) après avoir atteint la veille un pic de 4 mois à £0,89. Les investisseurs semblent soulager de voir Theresa May échapper pour le moment à un vote de confiance au sein de sa famille politique. Calendrier économique très chargé ce matin (PIB mensuel, balance commerciale & production industrielle publiés à 10h30).
  • L’EUR/JPY poursuit son rebond et prend la direction de ¥131 tandis que l’EUR/CHF semble se stabiliser à ₣1,1650. Attention à un retour de la nervosité alors que Donald Trump débute ce mardi sa tournée européenne (sommet de l’OTAN mercredi).
  • Le dollar australien efface une partie des gains (+0,5%) acquis la veille et l’EUR/AUD remonte ce matin à A$1,5750.
  • L’accélération plus marquée de l’inflation générale en Norvège ce matin laisse suggérer qu’une hausse de taux pourrait être avancée au mois d’août plutôt que septembre. L’EUR/NOK teste son support de NOK 9,40 qui tient depuis plus de 8 mois.
  • Après son rebond de presque 1% hier, le zloty polonais accuse un repli de plus de 0,3% ce matin et l’EUR/PLN remonte au-dessus de PLN 4,32. Le forint hongrois est en difficulté et recule de 0,6% face à l’euro à HUF 325.
  • Rebond de presque 1% de livre turque à TRY 5,51, laquelle efface une partie des lourdes pertes de la veille (presque 4% face à l’euro) provoquées par l’annonce de la nouvelle équipe ministérielle du président Tayyip Erdogan.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD : Lors d’une séance relativement pauvre en données économiques en Europe et aux Etats Unis, et durant laquelle l’actualité était principalement focalisée sur les évènements au Royaume-Uni (vague de démission au sein du gouvernement), la volatilité de l’EUR/USD s’est révélée très modeste. Après approché tout près de la barrière de $1,18 en première partie de journée en surfant sur la prolongation de l’effet de frustration laissé par des chiffres de l’emploi américain moins vigoureux que prévu lors de leur publication vendredi dernier mais également un regain d’appétit au risque des acteurs de marché face à l’absence de nouvelles frictions commerciales au cours du weekend, la paire EUR/USD s’est par la suite rétractée pour revenir en fin de séance sur ses niveaux d’ouverture à proximité du seuil de $1,1750. Malgré un rebond surprise de l’indice Sentix de confiance des investisseurs européens (12,1 vs cons. 8,2 et 9,3 en juin), l’euro n’a pas réussi à trouver un second souffle, bien handicapé il faut le reconnaître par l’absence d’éléments nouveaux dans la communication du gouverneur central Mario Draghi qui lors de son intervention lundi au Parlement européen s’en est tenu à son leitmotiv du moment, à savoir « patience, persévérance et prudence », pour décrire sa pensée en matière de politique de taux. Lors d’un séminaire organisé à Zurich, un autre membre éminent de la BCE, Ewald Nowotny, a laissé transparaître peu d’indice quant au timing de la 1ière hausse de taux en Europe, ce dernier indiquant seulement qu’à ses yeux la banque centrale a une approche attentiste en matière de taux et reste sensible aux facteurs de risque – tensions commerciales, Brexit et pénurie de capacité cités – susceptibles de peser lourdement sur les perspectives économiques de la Zone Euro.

Après un rebond de 1,7% sur les 8 dernières séances, lequel a permis à la paire de sortir de l’étau $1,15-$1,17 dans lequel elle était coincée depuis 3 semaines, l’EUR/USD marque un peu le pas ce matin en l’absence d’arguments venant nourrir ces pressions haussières. Les divergences en matière de taux restent défavorables à l’euro face au dollar américain – d’autant plus après le discours prudent hier de Mario Draghi – et l’arrivée ce mardi du président américain en Europe pour assister au sommet de l’OTAN, qui débutera demain à Bruxelles, n’inspire pas la confiance car potentiellement génératrice de nouvelles tensions politiques et économiques. L’euro pourrait néanmoins trouver de nouvelles forces motrices dans les indicateurs ZEW allemand publiés ce matin (11h00)… si tenté qu’ils montrent, contre l’avis du consensus actuel (cons. -18,0 vs -16,1 en juin), un regain de confiance des analystes et investisseurs allemand. Si tel est le cas au lieu d’avoir les yeux tournés vers le seuil de $1,17, comme c’est le cas ce matin, l’EUR/USD pourrait reprendre la direction des $1,18.

Perf 2018 =-2,10% / Moyenne 2018 = $1,2079 / Point haut 9 juillet 2018 = $1,1790 / Point bas 9 juillet 2018 = $1,1729 / Clôture 9 juillet 2018 = $1,1749

GBP

EUR/GBP : Le Royaume-Uni a, à lui tout seul, agité la volatilité des marchés des changes lundi. Si les réactions furent relativement discrètes en retour à l’annonce de départ, survenue dans la nuit de dimanche à lundi, du ministre du Brexit Davis Davis du gouvernement actuel, il en fut tout autrement lorsque son collège et ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, l’a imité lundi après-midi. Poste drapeau du Brexit dont il a mené la campagne en 2016, l’ancien maire de Londres est une figure importante du parti conservateur dont est issue Theresa May, aussi sa démission soudaine ravive les débats autour de la légitimité de la première ministre et alimente les rumeurs de départ de cette dernière. Si cette dernière n’a pas été clairement remise en cause hier à l’occasion de la réunion de crise organisée par le parti conservateur, cette dernière reste néanmoins sous la menace de l’organisation d’un vote de confiance à son égard au sein de sa propre famille politique. En cas de départ prématurée de cette dernière, cela augurerait de nouvelles élections que les Tories ne seront pas certains de remporter si l’on s’appuie sur les résultats étriqués obtenus par le partie lors du scrutin de juin 2017 (perte de la majorité parlementaire). C’est peut être aujourd’hui ce qui retient certains rebelles de sonner la charge contre Theresa May car comme l’a mis en avant cette dernière, une implosion du gouvernement et un nouveau scrutin pourrait laisser le champ libre à l’arrivée au pouvoir des travaillistes, un scénario que tout membre du parti conservateur, aussi bien pro-européen que partisan du Brexit, veut absolument éviter. Après avoir enregistré un pic à £0,89 au plus fort du mouvement de panique sur la livre sterling – seuil qui n’avait plus été touché depuis 4 mois – la paire EUR/GBP s’est repliée en fin de journée pour se stabiliser sur un niveau de £0,8860 (clôture à £0,8862), les investisseurs apparaissant quelque peu rassurés par le fait que Theresa May évite (pour le moment) un vote de confiance de la part de sa propre famille politique. De nombreuses incertitudes demeurent néanmoins, et notamment en ce qui concerne les éventuelles répercussions que peuvent avoir ces départs sur les négociations en cours de sortie hors de l’Union Européenne.

Légèrement mise sous pression lors de la séance asiatique, la livre sterling semble parvenir à se stabiliser et reste à proximité des niveaux de £0,8850 juste avant l’ouverture des marchés européens. C’est une journée qui s’annonce à nouveau riche en rebondissement puisque outre l’aspect politique qui reste globalement incertain dans le pays – on reste attentif à d’éventuels nouveaux départs du gouvernement ou tentative de fronde contre Theresa May – le calendrier économique sera particulièrement chargé ce mardi au Royaume-Uni. En effet, sur les coups de 10h30 seront publiées dans le même temps les nouvelles statistiques de production industrielle et manufacturière, du commerce extérieur (exportations/importations) et pour la 1ière fois un indicateur mesurant la performance de l’économie britannique (PIB) sur une base mensuelle. Des signaux de redressement de l’économie britannique au second trimestre, comme cela semble être le cas à en croire les données publiées jusqu’à ce jour, pourrait venir temporairement déplacer l’attention et les débats sur le volet monétaire plutôt politique. Dans ce contexte, un sentiment renforcé de possible hausse de taux au mois d’août prochain (réunion le 2 août) – probabilité de réalisation évaluée à plus de 60% sur les marchés monétaires – pourrait offrir un peu de répit à la livre sterling, et la ramener dans un couloir de £0,8800-£0,8850 face à l’euro. En cas de de nouveaux troubles politiques, il est néanmoins évident que tout ceci volerait en éclat et que les regards se refocaliseront alors sur l’avenir de Theresa May, ce qui donnerait alors l’occasion à l’EUR/GBP de retenter sa chance dans sa tentative de cassure du palier de £0,89.

Perf 2018 =-0,53% / Moyenne 2018 = £0,8798 / Point haut 9 juillet 2018 = £0,8901 / Point bas 9 juillet 2018 = £0,8809 / Clôture 9 juillet 2018 = £0,8862

JPY

EUR/JPY : La paire EUR/JPY poursuit sa marche en avant et a enregistré lundi sa 3ième séance consécutive de hausse, atteignant à l’occasion un pic de 3 semaines à plus de ¥130. Rassurés par le rebond des marchés actions chinois lundi et l’absence de nouvelles frictions durant le weekend – mais également durant la séance de lundi – entre Pékin et Washington, les investisseurs reprennent peu à peu confiance. L’agitation politique au Royaume-Uni ne semble pas avoir eu de réelles répercussions sur la paire EUR/JPY puisque celle-ci continue mardi sa progression et a désormais le regard tourné vers la barrière de ¥131 qui n’a jamais été atteinte en juin dernier. Le renforcement de l’euro sur fond de regain de confiance à l’égard de l’observation de meilleurs fondamentaux économiques sur la seconde partie du second trimestre n’est pas étranger à ce rebond graduel et continu de la paire EUR/JPY.  La dynamique haussière pourrait toutefois ralentir à l’approche de ce niveau clé, d’autant plus que des éléments laissent suggérer qu’une prochaine tempête se prépare : Donald Trump débute aujourd’hui sa tournée européenne qui le verra passer par Bruxelles, Londres, Glasgow et Helsinki pour y rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine (lundi 16 juillet). La réunion de l’OTAN qui débutera demain à Bruxelles et à laquelle participera le président américain s’annonce d’ores et déjà tendu puisque que l’on craint déjà qu’elle soit utilisée par Donald Trump comme un levier pour assouvir ses ambitions commerciales. La menace de retrait des forces américaines de l’OTAN en réponse au manque d’engagement de plusieurs membres de l’organisation (plusieurs pays comme l’Allemagne ou le Canada sont loin de respecter la règle des 2% alloués à la défense nationale). Prudence donc.

Perf 2018 =-3,49% / Moyenne 2018 =¥131,47 / Point haut 9 juillet 2018 =¥130,25 / Point bas 9 juillet 2018 =¥129,56 / Clôture 9 juillet 2018 =¥130,24

CHF

EUR/CHF : Doucement mais surement l’EUR/CHF poursuit sa progression sous l’impulsion d’un regain de confiance des investisseurs à l’égard de l’euro face à une situation politique qui s’est globalement stabilisée en Allemagne (élimination du risque de chute du gouvernement) et d’un redressement apparent de la dynamique économique en Zone Euro sur la période mai-juin. Ni les troubles politiques au Royaume-Uni ou le discours prudent de Mario Draghi n’a eu de réels impacts sur la paire, preuve s’il en est que le sentiment général en Europe s’améliore, bien que les progrès restent toujours très fragiles. Après avoir franchi le seuil de1,16 jeudi dernier, l’EUR/CHF a réalisé hier une nouvelle étape importante dans son ascension en atteignant le niveau de1,1650(pic recensé à1,1656) pour la 1ière fois depuis plus de 6 semaines. Ce matin, la paire EUR/CHF marque un peu le pas et fait du surplace en attendant la publication des indices ZEW en Allemagne, lesquels pourraient, s’ils ressortent positifs, offrir un nouvel élan à l’euro face au franc et accompagner un retour vers la barrière de1,17. Celle-ci pourrait cependant faire office de plafond pendant les prochains jours alors que l’arrivée ce mardi de Donald Trump à Bruxelles en marge du sommet de l’OTAN qui débutera demain fait craindre de nouveaux échanges tendus entre le dirigeant américain et ses homologues.

Perf 2018 =-0,38% / Moyenne 2018 = ₣1,1692/ Point haut9 juillet 2018 = ₣1,1656 / Point bas 9 juillet 2018 = ₣1,1603 / Clôture 9 juillet 2018 =1,1650

NOK

EUR/NOK : L’accélération plus marquée que prévu de la dynamique annuelle d’inflation générale en Norvège – pic de 17 mois atteint en juin à 2,6% contre 2,4% attendu et 2,3% en mai – vient accentuer la pression sur les épaules des décisionnaires monétaires norvégiens pour procéder rapidement à une hausse de taux. Alors que ces derniers ont depuis plusieurs mois communiqué sur la date de septembre, cette montée soudaine des prix dans le pays, laquelle est un frein majeur au pouvoir d’achat des ménages, pourrait les forcer à agir plus tôt que prévu en août (réunion le 16 août).  Ces nouvelles spéculations viennent soutenir ce matin un nouveau rebond de la couronne norvégienne face à l’euro et tentative de cassure du seuil plancher de NOK 9,40 qui n’a plus été franchi depuis plus de 8 mois. Un nouveau point bas a été touché à cette occasion par la paire EUR/NOK ce matin à NOK 9,3837.  

Perf 2018 =-4,54% / Moyenne 2018 = NOK 9,5885/ Point haut9 juillet 2018 = NOK 9,4475 / Point bas 9 juillet 2018 = NOK 9,3985 / Clôture 9 juillet 2018 =NOK9,4289