Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 11 juillet 2018 – Sommaire :

  • Un léger vent de nervosité souffle sur les marchés financiers suite au retour de tensions entre Pékin et Washington et en marge du début du sommet de l’OTAN. Au Royaume-Uni, un semblant de retour au calme s’observe mais la situation politique reste malgré tout fragile.
  • EUR/USD sur la défensive sous $1,1750. Tensions attendues en marge du sommet de l’OTAN qui pourrait donner lieu à de nouvelles passes d’arme entre le président américain et ses homologues européens.
  • L’EUR/GBP se maintient au centre de son couloir de £0,8800-£0,8850. Les investisseurs veulent croire qu’une crise politique peut être évitée et que le pire est passé. Discours de M. Carney (BoE) cette après-midi à 17h30.
  • Repli de l’EUR/JPY vers ¥130 et de l’EUR/CHF vers ₣1,16 après l’officialisation par la Maison Blanche d’une nouvelle liste de $200Mds de produits chinois visés par une taxe douanière.
  • L’EUR/CAD enregistre un léger rebond à plus de C$1,54 ce matin sous l’impact notamment d’un recul des prix du pétrole (-0,6% pour le WTI / -1,6% pour le Brent). Nouvelle hausse de taux attendue cette après-midi au Canda (décision à 16h00 / conférence de presse à 17h15).
  • Le retour des tensions commerciales vient pénaliser vivement le dollar australien. L’EUR/AUD bondit de +0,5% et remonte au-dessus du seuil de A$1,58.
  • La couronne norvégienne efface ses gains de la veille et est pénalisée ce matin par le recul des prix du pétrole. Après avoir testé son support de NOK 9,40, le cours EUR/NOK remonte à NOK 9,44 ce matin.
  • Devises émergentes dans le rouge face à l’euro. Le yuan est principalement impacté par le retour des tensions commerciales et recul de -0,3% face à l’euro ce matin. Le cours EUR/CNH a touché un nouveau pic de 4 mois à presque ¥7,85.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :

C’est une nouvelle séance peu volatile à laquelle nous avons assisté mardi, preuve s’il en est de l’indécision des acteurs de marché à se positionner dans un sens ou dans l’autre. Si l’on penche vers une revalorisation lente et graduelle de l’euro après sa lourde chute subie lors de la période avril-mai (~ -7% vs USD), les arguments manquent néanmoins à l’appel et freinent sa progression. Après avoir frappé à la porte des $1,18 lundi, l’EUR/USD a enregistré mardi un repli temporaire sous le seuil de $1,17 (point bas recensé à $1,1688) en réaction au recul de l’indice ZEW de sentiment des investisseurs allemands à un plus bas depuis 8 ans (-24,7 en juillet vs cons. -18,0 et -16,1 en juin). Cette défiance, nourrie par les importantes tensions commerciales du mois de juin et les récentes secousses politiques qui ont agités la 1ière économie européenne, reste à nuancer car elle ne semble pas prendre en compte les récents résultats rassurants de l’activité industrielle et exportatrice en Allemagne. La paire a par la suite réussi à se redresser en seconde partie de journée pour revenir à proximité du niveau de $1,1750 (clôture à $1,1742).

Un simple coup d’arrêt pour l’EUR/USD avant un nouveau décollage en direction des niveaux de $1,18-$1,19 ? Pas si sûr, le regain de confiance des investisseurs à l’égard de l’euro reste encore fragile, et ce ne sont pas les indicateurs de sentiment publiés hier en Allemagne qui ont rassuré. Par ailleurs, si l’on assiste depuis le début de semaine à un léger renforcement de l’appétit au risque parmi les investisseurs (plutôt favorable à l’euro), ce vent d’optimisme pourrait disparaitre aussi rapidement qu’il est apparu et laisser place à un retour de l’anxiété sur les marchés (plutôt favorable au dollar). En effet dans l’actualité de ce mercredi, les tensions commerciales entre Pékin et Washington font leur retour après la publication du liste par la Maison Blanche de $200Mds de produits chinois qui pourraient bientôt se voir assujettis d’une taxe douanière additionnelle de 10% à leur entrée sur le territoire américaine. L’autre évènement majeur de la séance est le début du sommet de l’OTAN à Bruxelles auquel participe Donald Trump et qui pourrait être le théâtre de nouvelles passes d’armes importantes entre le président américain et ses homologues. Les critiques répétées du camp américain à l’encontre du manque d’investissement de certains membres de l’organisation à consacrer 2% de leur PIB au budget au secteur la Défense – règle/recommandation fixée en 2006 par l’Organisation Transatlantique – ou encore le souvenir amer laissé après l’échec du dernier sommet du G7 organisé en juin au Canada font craindre de nouvelles tensions. Ce matin, avant l’ouverture des marchés européens, l’EUR/USD apparaissait sur la défensive mais restait pour le moment à bonne distance du seuil de $1,17. On sera également attentif aux nouveaux commentaires délivrés ce matin par le gouverneur central et le chef économiste de la BCE, même si le discours devrait vraisemblablement rester identique aux précédentes sorties (mantra « patience, persévérance, prudence »), et les indices de prix à la production (PPI) aux Etats Unis qui précèderont la publication jeudi des nouvelles statistiques d’inflation générale (CPI).

Perf 2018 = -2,17% / Moyenne 2018 = $1,2077 / Point haut 10 juillet 2018 = $1,1762 / Point bas 10 juillet 2018 = $1,1688 / Clôture 10 juillet 2018 = $1,1742

GBP

EUR/GBP :

La livre sterling a tenté hier de panser ses plaies après une séance de lundi très agitée au cours de laquelle la devise britannique avait chuté à un plus bas depuis 4 mois face à l’euro (pic recensé à £0,8901). Globalement rassurés par les échos positifs du premier conseil des ministres organisés mardi sans la présence des démissionnaires Boris Johnson (ex-ministre des affaires étrangères) et David Davis (ex-ministre du Brexit), mais également par le soutien apporté par Mickael Gove, ministre actuel de l’environnement et grand partisan du Brexit, à Theresa May,les investisseurs sont tentés de croire que le plus dur est passé et qu’une crise politique pourrait être évitée dans le pays. Véritable soulagement ou méthode Coué de circonstance ? Quoi qu’il en soit, ce sentiment a porté la livre sterling une bonne partie de la journée et renvoyé l’EUR/GBP dans le couloir £0,8800-£0,8850 (point bas recensé à £0,8818), quand bien même si les données économiques publiées dans la matinée furent plutôt mitigés (production industrielle et manufacturière en-dessous des attentes, déficit commercial qui reste sur ses plus hauts niveaux depuis un an mais solide rebond de +0,3% M/M du PIB britannique au mois de mai comme anticipé). Le mouvement correctif a cependant perdu en intensité en seconde partie de journée après l’annonce des démissions de deux vice-président du parti conservateur en guise de protestation au plan de sortie « adouci » dévoilé par la première ministre vendredi dernier. Ces départs viennent rappeler que malgré l’impression d’union sacrée que le gouvernement s’efforce de démontrer, la chef du gouvernement britannique n’est pas à l’abri d’une fronde au sein de son propre parti et tentative de départ forcé. Le cours EUR/GBP accuse un léger recul ce matin mais reste toujours bien calé au-dessus du support actuel de £0,88. Alors que l’on attend désormais la publication du Livre blanc du gouvernement britannique sur le Brexit, lequel est normalement prévu ce jeudi, la livre sterling reste néanmoins toujours sensible à l’évolution de la situation politique au Royaume-Uni. L’annonce de nouveaux départs de personnalités importantes du gouvernement ou encore le déclenchement du motion de censure contre Theresa May au sein du parti conservateur viendraient créer un nouvel effet de panique et réanimer les pressions baissières sur la livre sterling (seuil de résistance à £0,89). À noter au passage l’intervention du gouverneur central Mark Carney en fin d’après-midi (17h30), lequel pourrait délivrer de nouveaux détails précieux sur les futurs choix de la Banque d’Angleterre en marge de la prochaine réunion programmée le 2 août prochain.

Perf 2018 = -0,52% / Moyenne 2018 = £0,8798 / Point haut 10 juillet 2018 = £0,8875 / Point bas 10 juillet 2018 = £0,8818 / Clôture 10 juillet 2018 = £0,8844

JPY

EUR/JPY :

La paire EUR/JPY a tenté de revenir hier à hauteur du seuil de ¥131 mais n’y est finalement pas parvenue (pic recensé à ¥130,74), bien handicapée il faut le reconnaître par les résultats décevants de l’enquête de sentiment ZEW publiée en Allemagne. Celle-ci enregistra néanmoins sa 4ième séance consécutive de gains pour une performance totale de +1,2%. Cette dynamique est néanmoins légèrement remise en cause ce matin par le retour au premier plan des tensions commerciales entre Pékin et Washington après l’officialisation du côté américain d’une liste de $200Mds de produits chinois qui pourraient être prochainement assujettis à une taxe douanière additionnelle de 10% lors de leur entrée sur le territoire américain. Les autorités chinoises voient là une remise en cause claire et évidente des principes et réglementations mis en place par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et évoquent des représailles. Après un rebond de plus de 3% sur les 3 dernières séances, les marchés actions chinois accusent de nouvelles pertes importantes ce matin et chutent de presque -2%. La nervosité gagne à nouveau les marchés, même si pour le moment les effets restent très modestes, et le yen se renforce ce matin face à l’euro pour revenir à hauteur du palier de ¥130. Les pressions haussières sur le yen pourraient cependant s’accélérer en cours de journée alors que le sommet de l’OTAN, qui s’ouvre ce mercredi à Bruxelles, pourrait donner lieu à des échanges tendus entre le président américain et ses homologues.  

Perf 2018 = -3,62% / Moyenne 2018 = ¥131,46 / Point haut 10 juillet 2018 = ¥130,74 / Point bas 10 juillet 2018 = ¥130,08 / Clôture 10 juillet 2018 = ¥130,34

CHF

EUR/CHF :

Le résultat décevant des indices ZEW allemand a pesé sur l’EUR/CHF et mis fin à 5 séances consécutives de hausse (performance globale de +0,76%), le cours EUR/CHF revenant hier à hauteur de ₣1,1650. Le cours de change accentue ce matin son repli et se dirige vers le palier de1,16 alors que la nervosité gagne les marchés ce matin avec le retour des tensions commerciales entre Pékin et Washington et l’approche du sommet de l’OTAN qui débutera ce mercredi à Bruxelles.   

Perf 2018 = -0,51% / Moyenne 2018 = ₣1,1691 / Point haut 10 juillet 2018 = ₣1,1659 / Point bas 10 juillet 2018 = ₣1,1630 / Clôture 10 juillet 2018 = ₣1,1647

CAD

EUR/CAD :

L’évènement majeur de la journée sera la réunion monétaire de la Banque du Canada cette après-midi (16h00) au cours de laquelle les décisionnaires canadiens devrait être annoncée une nouvelle hausse de taux de 25pbs – taux directeur réhaussé de 1,25% à 1,50% - 6 mois après leur dernier resserrement monétaire opéré en janvier dernier. C’est du moins le scénario de 76% des 26 économistes sondés lors de la dernière enquête d’opinion réalisée par Reuters en début de mois. Sur les marchés monétaires, la probabilité de ce scénario était évaluée en début de semaine à plus de 90%. Malgré des signaux suggérant que cette nouvelle hausse de taux est clairement déjà intégrée par les marchés, cela ne se reflète pas réellement dans la valorisation actuelle du dollar canadien, lequel enregistre un net recul face à l’euro depuis la fin de semaine dernière (-0,6% sur les 6 dernières séances). On peut y voir un certain attentisme des investisseurs en attendant d’avoir en mains davantage de détails sur les futurs plans de la banque centrale canadienne. Une hausse de taux cette après-midi viendrait-elle sonner le redémarrage du cycle de hausse de taux au Canada ou doit-elle être perçue comme une opération « technique » exceptionnelle destinée à réduire les fortes pressions inflationnistes actuellement visibles dans le pays ? Là est toute la question et demeure la clé de la future direction du dollar canadien. Dans le premier cas, nous pourrions voir une rebond important du dollar canadien aux effets décuplés par un mouvement de rattrapage (retour sous C$ 1,53 ?), tandis que dans le second cas une hausse de taux « seule » pourrait ne pas suffire à faire sortir la paire EUR/CAD de son couloir actuel de C$1,5300-C$1,5450. Malgré le consensus actuel, on ne peut négliger le scénario de statu quo qui serait amplement justifié compte tenu de l’escalade de tensions commerciales observées au mois de juin et des risques permanents qui entourent le futur de l’ALENA. Dans un tel cas, la frustration gagnerait les marchés et offrirait un parfait tremplin à un retour de l’EUR/CAD vers le niveau de C$1,55. Si la volatilité devrait commencer à s’agiter dès la publication du communiqué officiel de la BoC, celle-ci devrait vraisemblablement s’intensifier en fin d’après-midi lors de la conférence de presse du gouverneur central Stephen Poloz (17h15).

Perf 2018 = +2,05% / Moyenne 2018 = C$ 1,5452 / Point haut 10 juillet 2018 = C$ 1,5427 / Point bas 10 juillet 2018 = C$ 1,5361 / Clôture 10 juillet 2018 = C$ 1,5398