Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • L’euphorie post-BCE de la veille se poursuit ce matin sur l’euro (voir graphe ci-dessous). Le cours EUR/USD oscille autour du niveau de $1,1650 et a enregistré un nouveau point haut depuis août 2015 en fin de séance asiatique à  $1,1677.
  • Le dollar américain reste pénalisé par les craintes d’ordre politique liées à l’enquête sur les liens entre Donald Trump et la Russie. Le président américain fête ses 6 mois à la tête du pays, et les premiers bilans sont décevants
  • L’EUR/CNH progresse ce matin de 0,2% et oscille sur ses pics depuis octobre 2014, au-dessus du niveau de ¥7,85 (pic à ¥7,8883 ce matin)
  • L’AUD recule de près de 1% ce matin alors que le vice-gouverneur de la RBA est venu couper court aux spéculations d’une possible hausse de taux. Ce dernier précise que celle-ci ne fait pas pour l’heure partie des plans de la banque et que les discussions tenues lors de la réunion de juillet sur un taux d’équilibre n’impliquait pas un prochain resserrement des conditions monétaires. L’EUR/AUD fait son retour ce matin au-dessus du seuil de A$1,47.
  • Le rand efface une partie des pertes de la veille et progresse de près de 0,4% ce matin face à l’euro                                                                   

Les trois faits marquants de la séance de jeudi: #1 Un Mario Draghi ouvre la porte à des discussions sur le QE à l’automne, #2 Des différends toujours importants entre le Royaume-Uni et l’UE et #3 Baisse surprise des taux d’intérêt par la banque centrale sud-africaine

#1 – BCE : Quelques indices tels que l’inflation ; qui reste toujours éloignée de l’objectif de 2% fixé par la banque (1,3% en Zone Euro en juin) ; ou encore la magnitude du renforcement de l’euro depuis fin avril ; qui pourrait avoir des répercussions néfastes sur la bonne conjoncture actuelle ; laissaient craindre une retenue de la part du gouverneur central de la BCE ce jeudi. Il n’en fut rien. Mario Draghi conserve une analyse modérément optimiste des perspectives économiques en Zone Euro – possible accélération de la croissance mais l’inflation reste à surveillée – et n’offre aucune contre-indication quant à une possible annonce d’ajustement du programme de rachats d’actifs en septembre, qui demeure aujourd’hui le scénario central partagé par de nombreux économistes (cf enquête Reuters au mois de juillet). Pire encore ces spéculations se sont accélérées hier à la sortie de la conférence de presse de Mario Draghi. La cause ? Ce dernier a clairement indiqué que de premières discussions sur les paramètres sur le programme d’assouplissement quantitatif (QE) débuteront à l’automne. Toutes les options restent donc ouvertes d’ici septembre. Enfin, du point de vue des investisseurs, à moins d’une forte dégradation des fondamentaux économiques en Zone Euro ou émergence de nouvelles instabilités politiques, tout laisse à croire à ce jour que la BCE s’apprête très bientôt à se lancer très bientôt dans un cycle de normalisation de ses conditions monétaires.

#2 – Brexit : La seconde phase de négociation de quatre jours débutés lundi entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne n’a débouché sur aucun accord pour le moment. L’Union Européenne, par la voix de son négociateur en chef ; Michel Barnier ; réclame toujours davantage de clarifications du côté britannique à l’égard des prérequis au Brexit que souhaite traiter en premier lieu Bruxelles, à savoir le droit des citoyens européens résidant sur le sol britannique, la facture de sortie et le statut de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Des différends encore importants freinent les négociations. En ce qui concerne le droit des citoyens, l’UE souhaiterait que la Cour de Justice Européenne règle ce litige, une requête qui passe mal à Londres alors que l’on souhaite se détacher le plus rapidement possible de la souveraineté des législations européennes et de ses structures. Concernant la facture de sortie, le Royaume-Uni semble consentir au fait de respecter les obligations liées à son statut de membre de l’UE encore jusqu’à mars 2019, cependant des points de discorde demeure en ce qui concerne la hauteur montant à rembourser, et notamment les sommes de €60-€100Mds évoquées dans les médias jusqu’à présent. Le flou demeure toujours important sur les avancées des négociations sur le Brexit, l’absence de consensus entre les deux camps sur ces sujets clefs pourraient repousser dans le temps les premières discussions sur les sujets économiques et commerciaux. Les regards sont désormais tournés vers la semaine du 28 août om se déroulera le troisième cycle de négociation.

Les incertitudes persistantes à l’égard du Brexit et de ses potentielles répercussions néfastes sur l’économie britannique, couplées au nouveau renforcement de l’euro à la sortie de la conférence de presse de Mario Draghi, ont favorisé un rebond de la paire EUR/GBP de plus de 1,4% en séance ce jeudi. Le cours de change s’approche du seuil clef de £0,90, un niveau qui avait déjà été atteint en octobre dernier.

#3 – Afrique du Sud : À la surprise générale, la banque centrale d’Afrique du Sud a annoncé une première baisse de taux en sept ans, le taux directeur principal reculant ainsi de 7,00% à 6,75%. Seuls trois économistes sur les 23 sondés par l’agence Bloomberg en amont de cette réunion monétaire avaient misé sur un tel scénario, d’où la vive réaction sur la paire EUR/ZAR (+2,0% ce jeudi). Cette baisse de taux intervient au lendemain d’un recul un peu plus important que prévu de l’inflation générale dans le pays, et alors que le parti au pouvoir ; l’ANC ; a récemment fait part de son envie de nationaliser la banque centrale. Cette dernière a récusé toute influence de la part du gouvernement dans cette prise de décision, cette dernière ayant été prise pour stimuler une économie qui peine à décoller et qui est entrée en récession au premier trimestre.

Les trois évènements clés ce vendredi: #1 Inflation et ventes au détail au Canada , #2 Jusqu’où l’EUR/USD peut-il aller ? et #3 Rencontre entre les ministres des affaires étrangères britannique et japonais

CAD

#1 – Canada:  Le pays publie aujourd’hui sa première série de chiffres économiques importants depuis l’annonce de la hausse de taux par la Banque du Canada le 12 juillet dernier. Les économistes tablent sur une nouvelle décélération importante de la dynamique d’inflation générale en juin (consensus 1,0% A/A vs 1,3% en mai) qui s’éloignerait de ce fait de l’objectif de 2% fixé par la banque, et sur une croissance très modeste des ventes au détail au mois de mai (consensus +0,2% M/M vs 0,8% en avril). Ces chiffres décevants pourraient venir réduire les spéculations sur une éventuelle nouvelle hausse de taux d’ici la fin de l’année, le gouverneur central canada ayant clairement spécifié en juillet qu’une nouvelle intervention était subordonnée à un renforcement des fondamentaux économiques dans la région. A cette occasion, nous pourrions voir un rebond de l’EUR/CAD vers sa résistance de C$1,4850.

USD

#2 – EUR/USD:  Jusqu’où peut aller l’EUR/USD ? Rien ne semble perturber la paire qui enregistre actuellement un gain de près de 12% depuis le début de l’année, faisant de l’euro une des devises les plus performantes en 2017. La paire semble profiter de deux facteurs combinés, à savoir un renforcement de l’euro résultant d’anticipation d’une réduction prochaine des rachats d’actifs par la BCE et un affaiblissement du dollar américain résultant d’incertitudes politiques liées à l’avancée de l’enquête sur les liens de Donald Trump avec la Russie. L’enquête pourrait connaître de nouveaux rebondissements la semaine prochaine à l’occasion des auditions du gendre et du fils ainé de Donald Trump. Alors que le président américain fête aujourd’hui ses 6 mois à la tête des Etats Unis, c’est l’absence de résultats qui prédomine à l’heure de faire les premiers bilans. Ce matin, l’euphorie semble se prolonger puisque le cours de change continue son avancée et s’approche tout près de sa prochaine résistance de $1,1711 (pic observé en août 2015). Une correction guette la paire tant les positions à l’achat sur l’euro sont déjà à des niveaux historiquement hauts (graphe de droite – positions acheteuses de dollar face à l’euro sur les marchés à terme américains), cependant tant que le pessimisme demeurera aux Etats Unis, celle-ci apparaît difficile à se matérialiser. Des prises de profit, comme il peut l’être traditionnellement constaté en fin de semaine, pourraient néanmoins s’observer en fin de journée sur la paire.

GBP

#3 – Royaume-Uni:   Le ministre britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, rencontrera aujourd’hui son homologue japonais. Ce sera l’occasion pour lui de discuter des futurs relations bilatérales entre les deux pays, notamment en matière d’économie et d’échanges commerciaux, alors que le Brexit deviendra une réalité dès mars 2019.