Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Le vote hier soir des nouvelles réformes d’austérité par le parlement grec et la hausse plus importante qu’anticipé des prix à la production en Allemagne (3,4% A/A vs 3,2% attendu et 3,1% en mars) viennent soutenir l’euro.
  • Rebond de +0,3% vs USD à $1,1140 / Rebond de +0,3% vs JPY à ₣124 / Rebond de +0,2% vs CHF à ₣1,09
  • Incertitudes politiques aux Etats Unis persistantes malgré la pause de la veille.
  • CAD sous pression ce matin (-0,2% vs EUR à C$1,51) malgré la hausse de près de 1% des cours du pétrole (Brent à $53 et WTI aux portes des $50) – Chiffres de ventes au détail et d’inflation à suivre cette après-midi                                                                  

Focus de la veille : De bons résultats économiques éclipsent temporairement les incertitudes politiques…Large rebond des ventes au détail au Royaume-Uni…Toutes les options restent ouvertes en juin pour la BCE…Le président brésilien au cœur d’un scandale…Plus gros rebond du franc suisse face à l’euro depuis deux mois

Etats Unis  :   Le fort rebond surprise de l’indice d’activité de Fed de Philadelphie, ressorti à un niveau quasiment deux fois plus important que ce qui était initialement anticipé (39,8 vs 19,8 attendu et 22,0 en mars), et le recul du nombre d’inscriptions aux allocations chômage (232k vs 240k attendu) sont venus soutenir un mouvement de correction  haussière sur le dollar américain. La révélation faite hier par l’agence Reuters, indiquant que 18 appels téléphoniques auraient été recensés entre conseillers de campagne de Donald Trump et responsables russes lors des sept derniers mois précédant l’élection présidentielle de novembre, maintient le président américain sous pression et alimente un sentiment général d’aversion au risque sur les marchés financiers.

Performance du cours EUR/USD hier : -0,51% - Point bas à $1,1073 / Clôture à $1,1101

Royaume-Uni : Profitant de la douceur du mois d’avril, et du fait que le week-end de Pâques soit tombé cette année en avril et non en mars, les ventes au détail au Royaume-Uni ont fortement rebondi, à un rythme de 2,3% sur un mois. Ce rebond est plus de deux fois plus important que l’estimation médiane des économistes qui anticipaient une progression de 1,1% M/M en avril. Ce chiffre vient quelque peu nuancer les incertitudes qui ont  émergé depuis le début de semaine autour de l’économie britannique consécutivement à la publication des statistiques d’inflation et d’emploi. La livre sterling s’est appréciée de près de 0,8% face à l’euro en réaction à la publication de ce chiffre.

Performance du cours EUR/GBP hier : -0,30% - Point bas à £0,8521 / Clôture à £0,8576

BCE : Le compte rendu de la réunion monétaire du 27 avril dernier de la banque centrale européenne a mis en avant une hausse de l’optimisme des membres du conseil de gouvernance concernant l’équilibre des risques pesant sur l’économie de la région. Au final, ce compte rendu n’a pas offert de détails précis sur les plans de la BCE avant la réunion de juin. Toutes les options restent ouvertes. On observe cependant deux camps s’affronter, celui des optimistes qui réclament que soit discutée dès le mois de juin une stratégie de désengagement du soutien monétaire (cf gouverneur central lituanien hier) et celui des prudents dont fait partie le chef économiste Peter Praet qui a insisté sur le fait qu’un changement significatif de communication doit être exclusivement s’appuyer sur des faits tangibles. A nouveau, le débat autour de l’inflation dans la région pourrait être la clé (nouvelles statistiques publiées le 31 mai).

Brésil : Mercredi soir, la chaine de télévision O Globo a révélé qu’elle était en possession d’écoutes audio démontrant que le président américain Michel Temer aurait donné son consentement au versement de pots de vin auprès de l’ancien président de la chambre des députés pour « acheter » son silence. Si Temer nie les faits et refuse pour le moment de démissionner, ce nouveau vent d’incertitudes au Brésil a totalement affolé les marchés. Les marchés actions ont chuté de plus de 11% à l’ouverture (finalement -9% en clôture). Le réal brésilien s’est déprécié de près de 7% face à l’euro, enregistrant au passage un plus bas depuis plus de 6 mois face à la devise européenne.

Performance du cours EUR/BRL hier : +6,71% - Point haut à BRL 3,7873 (plus haut niveau depuis le 11 novembre 2016) / Clôture à BRL 3,7372

Suisse : La multiplication des scandales politiques sur le continent américain (Etats Unis et Brésil) pousse les investisseurs à privilégier des stratégies défensives, et notamment à accroître leur position en franc suisse. Le franc a enregistré hier son plus fort rebond journalier face à l’euro depuis deux mois. Le cours EUR/CHF poursuit son mouvement de correction entamé la semaine dernière et a réussi à briser le support de ₣1,09 qui lui résistait depuis 7 séances.

Performance du cours EUR/CHF hier : -0,40% - Point bas à ₣ 1,0863 (plus bas niveau depuis le 8 mai) / Clôture à ₣ 1,0876

Focus du jour  : Les membres de la BCE sont de sortie (trois discours à suivre)…Inflation et ventes au détail au Canada (14h30)…Début de la tournée internationale de Donald Trump…Elections présidentielles en Iran

BCE : Alors que la réunion monétaire du 8 juin avance à grand pas et que l’incertitude se fait de plus en plus grande quant au choix de communication de la banque centrale européenne lors de cet évènement, les discours aujourd’hui de trois membres éminents de la BCE – V. Constâncio (vice-président) / Peter Praet (Chef économiste) / Benoit Coeuré (membre exécutif) - seront importants à suivre. Ces derniers ont récemment nuancé d’une sortie prématurée du cycle accommodant et exprimé leur inconfort quant à l’idée d’ajuster trop brusquement l’orientation monétaire de la banque alors que la région est toujours en phase de reprise et que la dynamique d’inflation suscite toujours des doutes.

Canada : En amont de la réunion monétaire qui se tiendra mercredi prochain, les statistiques de ventes au détail et d’inflation revêtent une importance capitale. Un manque de vigueur de la croissance des prix associé à une nouvelle contraction des ventes au détail pourraient pousser les banquiers centraux à considérer un scénario de baisse des taux directeurs, d’autant plus que l’économie canadienne est actuellement troublée par des prix du pétrole qui ne parviennent pas à réellement décoller et par les craintes d’une remise en cause des accords de libre-échange nord-américain avec son voisin américain. Les économistes tablent sur un rebond moyen des ventes au détail en mars après la contraction de février (consensus à +0,4% M/M vs -0,6% en février) et une légère accélération de la dynamique d’inflation générale en avril (consensus à +1,7% A/A vs 1,6% en mars).

Etats Unis : Actuellement au centre de diverses controverses qui égratignent sa crédibilité jusqu’au point que certains évoquent une potentielle destitution, Donald Trump va débuter aujourd’hui sa tournée internationale qui le verra tour à tour se déplacer en Arabie Saoudite, en Israël puis à Rome où se déroulera la semaine prochaine la nouvelle réunion du G7.

Iran : Aujourd’hui se déroulera l’élection présidentielle iranienne qui voit s’opposer le président sortant, le modéré Hassan Rouhani, au candidat à la ligne très conservatrice Ebrahim Raisi. Selon les derniers sondages, Rouhani disposerait d’une courte avance sur son rival.

EUR

À monter trop haut trop vite, on devient forcément la cible d’un mouvement de correction. C’est ce dont a été témoin l’euro hier. Il faut dire que la devise européenne n’a pas été réellement soutenu par les divergences qui semblent émaner de la BCE quant à la stratégie à adopter dans les prochains mois maintenant que les risques pesant sur les perspectives économiques de la région se sont stabilisés. Certains souhaitent discuter dès juin d’une stratégie de réduction progressive du soutien monétaire apporté par la banque tandis que d’autre préfèrerait reporter cette discussion et maintenir une position d’observation. Aucune annonce majeur n’est attendue en juin, seulement selon le ton et les mots utilisés lors de cette réunion, cela nous donnera une petite idée du possible agenda de la BCE. Un discours très optimiste ouvrirait la porte à une possible action avant la fin de l’année (potentielle réduction du volume de rachat mensuel d’actifs) tandis qu’un discours prudent enverrait le message que la BCE n’est pas pressée à intervenir et que rien de concret ne pourrait survenir avant 2018. Les discours successifs de trois membres éminents de la BCE (voir Focus du jour) pourrait nous offrir quelques indices sur les futurs choix…ou au contraire nous forcer de patienter jusqu’à début juin pour savoir.   Malgré un passage de l’EUR/USD sous le seuil de $1,11 hier, le cours de change pourrait néanmoins terminer la semaine sur une note positive en cas de nouvelles faiblesses du dollar américain qui reste très sensible à l’actualité relative aux affaires impliquant Donald Trump.

Aujourd’hui :  Indice de prix à la production en Allemagne / Indice préliminaire de confiance des ménages en Zone Euro / Discours de trois banquiers centraux

EUR/USD à1,1140 (+0,35%)

USD

Les solides chiffres économiques publiés hier aux Etats Unis ont offert une distraction aux marchés dont a pleinement profité le dollar pour se renforcer quelque peu. Néanmoins, les incertitudes politiques restent fortement présentes et continuent de faire pression sur la devise américaine, les investisseurs craignant que l’agenda de réformes économiques, et principalement le vaste projet de baisse des impôts pour les sociétés et les ménages, soit fortement impacté par ce climat d’incertitude. En l’absence de chiffres clés aujourd’hui aux Etats Unis, la devise devrait rester sensible au flux d’actualité lié aux supposés liens entre Donald Trump et la Russie, et au sentiment général des marchés. Une nouvelle chute des marchés actions américains aujourd’hui pourrait en effet peser négativement sur la valorisation du dollar.

Aujourd’hui : Pas de chiffres clés

GBP

Malgré des chiffres de vente au détail bien supérieurs aux attentes, le rebond de la livre sterling face à l’euro fut finalement de courte durée. Le franchissement du seuil psychologique de $1,30 sur la paire GBP/USD pour la première fois depuis fin septembre 2016 a déclenché un mouvement de prises de bénéfices et de clôture des positions à l’achat sur la livre sterling. Par ailleurs, pour beaucoup d’observateurs ce rebond des ventes au détail n’efface pas les doutes actuels à l’égard de l’économie britannique, les statistiques publiées cette semaine signalant une dégradation inquiétante du pouvoir d’achat des ménages britanniques. Depuis un bastion traditionnellement travailliste (Halifax), Theresa May a présenté hier le programme de campagne du parti conservateur en vue de l’élection législative du 8 juin prochain. A cette occasion, celle-ci a réitéré sa volonté de quitter le marché commun européen et sa conviction qu’elle préférait sortir de l’UE sans accord plutôt qu’avec un accord bancal et déséquilibré. Les perspectives d’une sortie brutale du Royaume-Uni hors de l’UE restent toujours un frein à une revalorisation significative de la livre sterling.

Aujourd’hui :  Enquête de tendance sur les commandes industrielles

EUR/GBP à0,8582 (+0,07%)

CHF

Le vent d’incertitude en provenance du continent américain a provoqué un mouvement haussier des valeurs refuges tel que le franc suisse. La devise suisse vient d’enregistrer 6 séances consécutives de hausse face à l’euro pour une performance totale de 0,8%. Il se pourrait néanmoins que la devise suisse abandonne une partie de ses gains aujourd’hui sur fond de prises de bénéfices de fin de semaine si aucun élément nouveau aux Etats Unis, voire ailleurs (Corée du Nord, Brésil, Russie…), ne vient à nouveau agiter les marchés financiers. Le seuil des ₣1,09 reste un niveau clé vers lequel la paire pourrait se rediriger. 

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à1,0897 (+0,19%)