Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Poursuite ce matin du sentiment d’optimisme à l’égard de l’euro au lendemain de la réunion de la BCE durant laquelle M.Draghi a reconnu une amélioration de l’environnement économique et une légère atténuation des risques (risque de déflation notamment)
  • Le cours EUR/JPY a franchi le seuil de ¥122,50 pour la première fois depuis près de 6 semaines.
  • Le cours EUR/USD fait son retour au-dessus de $1,06 avant la publication des chiffres de l’emploi américain (14h30).
  • Le cours EUR/NOK a atteint ce matin son plus haut niveau de l’année (seuil de NOK 9,11 franchi) sur fond de recul des cours du pétrole et de ralentissement de l’inflation dans le pays (2,5% vs 2,8% en janvier).

Focus de la veille : Soupçon d’optimisme de la part de Mario Draghi…Nouvelle journée noire pour le pétrole & les matières premières…Les soutiens se multiplient pour Macron et les sondages le lui rendent bien

BCE : Mario Draghi est resté hier inflexible sur le fait qu’aucun débat sur une potentielle stratégie de sortie du QE n’aura lieu au sein du conseil de gouvernance de la BCE tant que des signaux convaincants d’accélération durable de l’inflation ne seront pas observés. Malgré un discours prudent relativement similaire à celui tenu lors de la réunion de janvier, le gouverneur central a reconnu malgré tout des signes d’amélioration de l’environnement économique et une atténuation des risques baissiers. Les perspectives de croissance pour 2017 et 2018 ont été légèrement révisées à la hausse, tout comme les perspectives d’inflation sur ces périodes. Quant au risque de déflation, celui-ci est pratiquement résorbé, et en ce qui concerne les tensions politiques, il apparaît peu probable qu’à ce jour celles-ci aboutissent à une rupture similaire à celle du ‘Brexit’ selon Mario Draghi. Ce soupçon d’optimisme délivré par Mario Draghi durant sa conférence de presse a favorisé une hausse des taux longs et un renforcement global de l’euro face à l’ensemble de ses pairs du G10. Le cours EUR/USD a quant à lui enregistré un pic à $1,0615 durant la conférence de presse avant de reculer et clôturer à $1,0575.

Pétrole : Les craintes de voir les efforts réalisés par les membres de l’OPEP pour réduire les excédents de pétrole sur le marché finalement restés vains, alors que de son côté les Etats Unis continuent de produire à un rythme soutenu et voit ses réserves atteindre dernièrement un pic historique, ont de nouveau pesé sur les cours du pétrole. L’indice WTI a reculé de près de 2% et clôturé sous le seuil psychologique des $50, un niveau qui n’avait plus été vu depuis le 1er décembre, au lendemain des accords historiques conclus par les membres de l’OPEP sur la mise en place de quota journalier de production. L’indice Brent a quant à lui reculé de 1,7% et clôturé la journée légèrement au-dessus du seuil de $52. Les cours du pétrole ont ainsi reculé de près de 7% en seulement deux jours. Les devises liées au cours du pétrole sont directement impactés par cette baisse.

France : Deux ténors du parti socialiste (le ministre actuel des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian) ont appelé hier à soutenir la candidature d’Emmanuel Macron, à défaut du représentant officiel du parti Benoit Hammon, dont les idées « radicales » peinent à convaincre l’aile de centre-gauche du parti. Alors que les chances de victoire d’Hammon semblent actuellement minces, ce dernier demeurant actuellement à la 4ième place de la course à la présidentielle d’après les récents sondages publiés; certains membres du parti socialiste considèrent qu’il est important de réfléchir à une stratégie crédible pour tenter de battre la candidate d’extrême droite Marine Le Pen. Une enquête menée par le cabinet Harris Interactive donne Emmanuel Macron en tête au 1er tour avec 26% de voix, juste devant Marine Le Pen qui recueillerait 25% des intentions de vote, puis suivent François Fillon avec 20% des voix et Benoit Hammon avec 13%. Le duel final tournerait très largement à la faveur d’Emmanuel Macron avec un écart final de 30%.

Focus du jour : Rapports sur l’emploi aux Etats Unis (14h30), dernière étape avant une hausse de taux ? …Nouveaux signaux de décélération au Royaume-Uni ? …Chute de la confiance des entreprises japonaises

Etats Unis : Si l’on se tient aux discours de Janet Yellen de vendredi dernier, les chiffres du rapport sur l’emploi de février demeuraient le dernier obstacle à franchir pour justifier une nouvelle hausse de taux en mars. Or depuis sont sortis les chiffres ADP de l’emploi dans le secteur privé qui se sont avérés très largement supérieurs aux attentes (298k vs 190k attendu). Aussi depuis mercredi, sur la base de ces chiffres ADP et une anticipation que les chiffres officiels pourraient être de la même teneur, les investisseurs ont de nouveau révisé à la hausse la probabilité d’une intervention de la Fed en mars et celle-ci est désormais évaluée autour de 90%. Face à tant d’optimisme de la part des marchés, il existe un risque de déception (ie recul du dollar) si le rythme d’embauche en février apparaît moins robuste qu’anticipé (consensus 190k vs 227k en janvier). A noter qu’outre le nombre de créations d’emploi, la croissance des salaires – élément clé dans l’essor de l’inflation – sera fortement observé par les investisseurs (consensus : +0,3% M/M). Un recul de la dynamique à 12 mois, comme déjà observé le mois dernier, pourrait semer le doute chez les investisseurs et déclenché un large mouvement de prises de profit sur le dollar.

Royaume-Uni : Après avoir fait preuve d’une forte résilience au second semestre 2016, l’économie britannique laisse poindre en ce début d’année des petits signes d’affaiblissement résultant notamment d’une baisse de la consommation des ménages dont le pouvoir d’achat est réduit par la forte poussée de l’inflation dans le pays, et par une frilosité des entreprises à investir alors que les perspectives d’avenir restent très incertaines en amont du divorce à venir avec l’Union Européenne. Les statistiques de production industrielle et manufacturière au mois de janvier publiées ce matin pourraient confirmer ce début de décélération de l’économie et ainsi accentuer les pressions baissières actuelles sur la livre sterling.

Japon : L’enquête trimestrielle Tankan de sentiment des entreprises japonaises publiée ce matin par le ministre des finances fait état d’un net recul de la confiance des entreprises au 1er trimestre 2017, et notamment des grandes industries pour l’indice de sentiment recule significativement (1,1 au T1 2017 vs 7,5 au T4 2016) et atteint son plus bas niveau sur les 3 derniers trimestres.

EUR

L’euro a très largement bénéficié hier du soupçon d’optimisme entrevu dans le discours de Mario Draghi hier, même s’il faut le reconnaître ce dernier a maintenu un statu quo en matière de politique monétaire et a confirmé une position de veille de la BCE tant que l’inflation sous-jacente (ie indices de prix hors énergie et produits alimentaires) n’aura pas significativement accéléré. La forte chute actuelle des cours du pétrole pourrait donner raison à Mario Draghi si celle-ci implique un recul général de l’inflation à travers le monde, et plus spécifiquement en Zone Euro. Sachant que la BCE ne devrait pas intervenir dans l’immédiat et rester camper sur sa position encore quelque temps, le principal vecteur de volatilité sur l’euro devrait rester l’évolution de l’environnement politique et plus spécifiquement le sort des élections à venir en Zone Euro. Si les regards sont principalement tournés vers la France, et dans une moindre mesure vers les Pays Bas dont les élections législatives auront lieu mercredi prochain, l’Italie pourrait elle aussi apporter son lot d’incertitude dans les prochains mois. Alors que les prochaines élections générales n’auront lieu qu’en février 2018, l’agence Bloomberg rapporte hier que l’ancien premier ministre Silvio Berlusconi préparerait son retour en politique (celui-ci dépend actuellement d’une décision de justice), avec dans ses bagages une proposition de retour à la lire italienne. Le risque de redénomination de l’euro est un thème qui commence à poindre dans les médias financiers sous l’impulsion de la montée des mouvements contestataires Eurosceptique, et qui pourrait nous accompagner tout au long de 2017, voire 2018. 

Aujourd’hui : Balance commerciale en Allemagne / Production industrielle en France / Second jour du Sommet Européen

EUR/USD à1,0607 (+0,30%)

USD

Aux Etats Unis, tous les regards seront aujourd’hui tournés vers les nouveaux chiffres de l’emploi au mois de février. Le trop plein d’optimisme qui se dégage des marchés suite à la publication de solides chiffres ADP pourrait nourrir un large recul du dollar américain en cas de déception (voir Focus du jour). Si ce rapport sur l’emploi est tout aussi robuste que l’a laissé transparaître le rapport ADP, on pourrait à l’inverse voir un léger renforcement du dollar vers ces récents pics (102,3 pour l’indice DXY / 1,0500-20 pour l’EUR/USD).

Aujourd’hui : Rapport sur l’emploi

GBP

Le retour dans la lumière de la menace d’un possible nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en 2018 (date d’automne 2018 évoquée par la première ministre écossaise Nicola Sturgeon) couplé au renforcement de l’euro survenu suite à la conférence de presse de Mario Draghi ont favorisé un nouveau rebond du cours EUR/GBP au-dessus du niveau de £0,87 pour la 1ère fois depuis 7 semaines (pic recensé à £0,8719). Ce matin, le journal financier Financial Times rapporte les propos d’un ministre du gouvernement, dont le nom n’est pas dévoilé, indiquant qu’un nouveau référendum écossais semble inévitable, la seule question étant de savoir la date de son organisation. Dans ce contexte, le gouvernement pourrait tenter de repousser le plus loin possible dans le temps cette date, afin que cet évènement ne vienne pas troubler les négociations de sortie hors de l’UE.

Ce matin le cours EUR/GBP se maintient au-dessus du niveau de £0,87 alors que les pressions baissières sur la livre sterling restent fortes. Celles-ci demeurent principalement alimentées par des incertitudes politiques sur le début du ‘Brexit’ et la possibilité de voir de nouvelles instabilités émergées en cas de  nouveau référendum écossais, et également des incertitudes économiques en amont de la publication des chiffres de productions industrielle et manufacturière attendus ce matin décevants.  

Aujourd’hui :  Production industrielle & manufacturière / Enquête de la BoE sur les perspectives d’inflation

EUR/GBP à0,8719 (+0,32%)

CHF

Sous l’impulsion d’un renforcement de l’euro survenu lors de la conférence de presse de Mario Draghi, le cours EUR/CHF a enregistré un nouveau pic depuis 6 semaines à ₣1,0749. Alors que le taux de chômage ajusté au mois de février est ressorti hier inchangé à 3,3%, le ministre du travail Boris Zürcher projette que celui recule cette année vers son niveau moyen historique de 3,2%. Le gouvernement signale un redressement graduel des secteurs de l’économie qui furent touchés ces dernières années par la forte valorisation du franc suisse.

En l’absence de chiffres clés en Suisse et compte tenu de la relative stabilité de l’environnement politique global (une nouvelle enquête parue hier place E.Macron en tête au 1er tour des élections françaises devant M.Le Pen), le cours EUR/CHF devrait principalement être guidé aujourd’hui par la volatilité sur le cours EUR/USD en ce jour de publication des chiffres de l’emploi américain. Notons toutefois que le franc suisse reste toujours très sensible aux flux d’informations liées aux élections françaises. La volatilité à 2 mois sur le cours EUR/CHF reste toujours proche de son plus haut niveau sur les trois derniers mois.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à1,0733 (+0,28%)


JPY

La hausse de l’écart de rendement entre les taux longs européens, qui sont remontés hier suite à la réunion de la BCE et la légère hausse des perspectives économiques en Zone Euro, et japonais, couplée avec l’atténuation temporaire des craintes « politiques » en France et aux Etats Unis, favorisent un net renforcement de l’euro à l’égard du yen. Le cours EUR/JPY a rebondi de 0,9% hier et continue son ascension ce matin. Le cours EUR/JPY a franchi aujourd’hui le seuil de ¥122,5 pour la 1ère fois depuis près de 6 semaines. 

Aujourd’hui :  Enquête Tankan de sentiment des entreprises japonaises (T1 2017)

EUR/JPY à122,43 (+0,74%)