Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Net recul de la livre sterling ce matin alors que les deux chambres parlementaires britanniques ont approuvé hier le texte de loi sur le lancement du ‘Brexit’ sans que celui ne comporte aucune modification par rapport à sa version originale.
  • La livre sterling a effacé ses gains de la veille face à l’euro et le cours EUR/GBP se dirige actuellement vers le niveau de £0,88 (plus haut depuis près de deux mois).
  • De bons chiffres économiques en Chine signalent une amélioration des conditions dans le pays en ce début d’année 2017. Le cours EUR/CNY recule de plus de 0,20% ce matin et chute sous le niveau de ¥7,36. Le cours EUR/CNH reste stable à ¥7,35.

Focus de la veille : Le parlement britannique approuve le texte de loi sur le ‘Brexit’…Un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse dans les cartons…Rencontre Merkel/Trump repoussée

Royaume-Uni : La Chambre des communes a voté hier le texte de loi sur le lancement du ‘Brexit’, rejetant au passage les deux amendements formulés par les députés de la Chambre des lords la semaine dernière. Les députés de la chambre basse ont notamment écarté l’amendement qui offrait au parlement un vote sur l’accord final conclu avec l’Union Européenne. Dans la soirée, ce sont les députés de la chambre haute qui ont donné leur accord sur ce texte vierge de modifications. Théoriquement, Theresa May pourrait déclencher l’article 50 à partir de mardi.

Ecosse : La première ministre écossaise a annoncé hier qu’elle solliciterait la semaine prochaine un vote du parlement en vue d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse entre l’automne 2018 et le printemps 2019. Selon elle, l’attitude de Theresa May ne lui laisse pas d’autres options. Selon le journal le Times, Theresa May aurait l’intention de rejeter l’idée d’une nouvelle consultation sur l’indépendance de l’Ecosse sur les deux années à venir. Cette dernière semble ne pas vouloir prendre le risque de voir la question écossaise venir obstruer les négociations de sortie avec l’UE.

Merkel/Trump : La chancelière allemande a indiqué hier qu’elle ne pourrait se rendre mardi à Washington pour cause d’intempéries qui sévissent dans le nord-est américain. L’entrevue entre Angela Merkel et Donald Trump est donc repoussée au plus tôt à vendredi. Interrogée hier avant cette rencontre, Merkel se dit impatiente de rencontrer en tête à tête le président américain afin de traiter des thèmes du libre-échange entre les Etats Unis et l’Allemagne qu’elle juge être quelque chose de favorable pour les deux parties, de la position vis-à-vis de la Russie, ou encore de l’OTAN et de l’apport de chacun des membres dans le secteur de la Défense.

Focus du jour : La chine débute l’année 2017 sur une bonne dynamique…Inflation en Allemagne et en Suède…Indices de sentiment économique ZEW en Allemagne

Chine : Ce matin la Chine a publié des chiffres de croissance des investissements urbains à leur plus haut niveau depuis 7 mois (8,9% A/A vs 8,1% en décembre), une croissance de la production industrielle à son plus haut niveau depuis 5 mois (6,3% A/A vs 6,0% en décembre), la croissance de la valeur des maisons neuves vendues a quant à elle progressé de 23% sur les deux premiers mois de l’année par rapport à 2016. Seule ombre au tableau, la croissance des ventes au détail qui chute à son plus bas niveau depuis 2 ans (9,5% A/A vs 10,9% en décembre). Le bureau de statistiques chinoises se réjouit ce matin de voir que l’activité économique et le climat des affaires se sont améliorés dans le pays en ce début d’année 2017.

Allemagne : Ce matin le pays a publié la révision de ces chiffres préliminaires d’inflation au mois de février et ceux sont restés inchangés, l’inflation générale a bien progressé de 2,2% en glissement annuel sur cette période. Il s’agit d’une dynamique qui n’avait plus été observée depuis le mois d’août 2012. Un plus tard dans la matinée, le pays publiera les nouveaux résultats de l’enquête de sentiment économique menée par l’institut ZEW auprès d’investisseurs industriels et analystes allemand. L’indice est attendu en hausse après la chute enregistrée le mois dernier (13,1 vs 10,4 en février). Un tel résultat traduirait une bonne confiance des acteurs allemands dans les perspectives du pays malgré les incertitudes politiques qui planent actuellement au-dessus de la région.

Suède : Les économistes tablent sur une forte accélération de l’inflation en Suède au mois de février qui pourrait atteindre son plus haut niveau depuis février 2012 (consensus +0,6% M/M & +1,7% A/A vs +1,4% en janvier). Une progression de l’inflation dans le pays conforterait les banquiers centraux suédois dans l’idée potentielle de stopper leur programme de rachat d’actifs une fois que celui-ci arrivera à échéance (juin 2017), et donc stimulerait la couronne suédoise face à l’euro sur fond de désynchronisation monétaire entre les deux pays alors que la BCE entend poursuivre son programme QE jusqu’à la fin de l’année 2017.

EUR

L’euro a reculé hier face à l’ensemble de ses pairs du G10 et un grand nombre de devises émergentes sur fond de normalisation après l’essor disproportionné de la devise européenne vendredi dernier suite à la divulgation dans les médias que la BCE aurait évoqué l’idée durant sa dernière réunion de rehausser ses taux d’intérêt avant la fin de son programme de rachat d’actifs. A ce stade, il ne s’agit juste d’une piste de réflexion qui n’a pas été débattu par les responsables monétaires européens, toutefois la simple évocation du sujet a embrasé des marchés plutôt habitués ces derniers temps à une certaine inertie de la BCE. Si la valorisation de l’euro est actuellement bien meilleure qu’il y a quelques semaines, celle-ci reste malgré tout fragile alors que l’on observe une plus forte sensibilité des marchés aux flux d’informations politiques plutôt qu’aux chiffres économiques. Aux yeux des investisseurs, la clé du puzzle européen réside dans le résultat des élections à venir en France et en Allemagne, alors qu’il apparaît évident que la BCE ne se hasardera pas à modifier significativement sa politique sans avoir la certitude que l’environnement politique dans les deux principales économies de la région ne sera pas stable. Les élections aux Pays-Bas ce mercredi vont nous offrir une première tendance sur le poids des mouvements politiques populistes et eurosceptiques en Zone Euro. A l’issue de ce vote, nous pourrions voir l’euro souffrir d’une nouvelle montée des incertitudes politiques.

Aujourd’hui : Inflation et indice ZEW de sentiment économique en Allemagne / Production industrielle en Zone Euro

EUR/USD à1,0640 (-0,12%)

USD

Début de semaine très calme pour le dollar qui traduit une certaine indécision des investisseurs à se positionner en marge de la nouvelle réunion de la Fed. Si une nouvelle hausse de taux ne semble faire aucun doute pour l’ensemble des acteurs de marchés – une enquête Reuters publiée hier indique que le 23 principaux négociants bancaires de la Fed sondés tablent sur un rehaussement des taux directeurs ce mercredi – les potentiels signaux délivrés par la Fed et Janet Yellen en ce qui concerne la future orientation des taux font l’objet de débats. Alors que cette première hausse n’était pas attendue si tôt dans l’année, celle-ci traduit-elle une volonté d’accélérer son processus de normalisation ? Là est la principale problématique qui se pose. Parmi les négociants sondés, une grande majorité d’entre eux pensent que la Fed maintiendra son objectif établi en décembre de 3 hausses de taux cette année, ce qui semble être le scénario le plus probable compte tenu de l’absence de détails sur l’agenda de réformes de la Maison Blanche. Un statu quo de la Fed sur son agenda monétaire serait susceptible de provoquer une petite vague de déception des investisseurs. A l’inverse, des signaux ouvrant la porte à une possible 4ième hausse de taux en 2017, ou une hausse du rythme de hausse en 2018 et 2019 déclencherait une nouvelle hausse importante des taux d’intérêt longs, et donc un renforcement du dollar. 

 Le dollar pourrait continuer de naviguer en eaux troubles aujourd’hui, et probablement jusqu’à mercredi soir et la conférence de presse de Janet Yellen.

Aujourd’hui : Indice de confiance des PME

 

GBP

Le début du ‘Brexit’ n’a jamais été aussi proche alors que désormais plus aucun obstacle n’empêche la première ministre britannique Theresa May d’activer l’article 50. Selon plusieurs médias, cette dernière pourrait néanmoins attendre la fin du mois pour lancer officiellement la procédure de divorce. Après un net rebond observé la veille, la livre sterling accuse le coup ce matin alors qu’aucun amendement souhaité par les députés de la Chambre des lords n’a finalement été sauvegardé. Si le ministre du ‘Brexit’, David Davis, a assuré que le gouvernement avait un plan B en cas d’échecs des négociations avec ses homologues européens, des doutes subsistent sur les véritables conséquences d’une sortie définitive de l’UE sans accord préalable. Outre les incertitudes politiques liées au sort de l’Ecosse, qui a renouvelé hier via sa première ministre son souhait d’organiser une seconde consultation sur l’indépendance du pays, et à la forme que prendra les futures négociations de sortie avec l’UE ; des incertitudes économiques continuent d’émerger. Ce matin l’agence d’intérim Manpower indique que les entreprises britanniques sont en train de réduire leur plan de recrutement avant le début du ‘Brexit’.

 La livre sterling recule de plus de 0,6% ce matin face à l’euro et le cours EUR/GBP s’approche peu à peu du niveau de £0,88.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/GBP à0,8776 (+0,70%)

CHF

Le franc suisse a touché hier son plus bas niveau depuis trois mois face à l’euro en matinée avant de se reprendre significativement en séance européenne. Le cours a ainsi franchi sa moyenne mobile 200j et atteint un pic à ₣1,0825, avant de se replier fortement et de clôturer sous le niveau de ₣1,0730. Le renforcement de l’euro vendredi dernier était soudain et épidermique d’où la non-durabilité du rebond de la paire EUR/CHF qui reste comprimée par les importantes incertitudes politiques qui pèsent sur l’Europe. Par ailleurs, les statistiques hebdomadaires de la BNS signale une baisse la semaine dernière du volume des avoirs en dépôt au sein de la banque centrale suisse, traduisant ainsi une baisse de l’activité de la BNS pour contenir les pressions haussières sur le franc suisse.  

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à1,0733 (+0,05%)