Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Rebond de la livre sterling ce matin alors qu’un ministre britannique rejette l’idée de l’organisation d’un référendum écossais durant la période ciblée par Nicola Sturgeon (automne 2018-printemps 2019). Le cours EUR/GBP chute sous le niveau de £0,87 ce matin en attendant les nouvelles statistiques du marché de l’emploi.
  • Rebond du cours EUR/USD à $1,0630 alors que la paire a été observée hier sous le niveau de $1,06. Le cours de change reste fragile et les risques baissiers demeurent importants en amont de la publication des conclusions de la réunion de la Fed et des résultats des élections néerlandaises.

Rebond des cours du pétrole ce matin de plus de 1,5% alors que l’OPEP a signalé hier une hausse des stocks pétroliers mondiaux. Les prix du baril de brut restent sur des plus bas niveaux depuis 3 mois.

Focus de la veille : François Fillon mis en examen…L’OPEP signale que les réserves pétrolières augmentent…L’UE pourrait retarder les négociations avec le Royaume-Uni à juin…Un membre de la BoE démissionne

France : L’agence AFP a annoncé la nouvelle hier en milieu d’après-midi, le candidat aux élections présidentielles françaises François Fillon, actuellement en 3ième position dans les intentions de vote au 1er tour d’après les récents sondages, a été placé en examen par des juges d’instruction pour un affaire supposée de détournements de fonds publics et d’emplois fictifs. Si la présomption d’innocence prévaut, le spectre d’un abandon dans la course à l’Elysée d’ici la fin de semaine reste toujours d’actualité.  Pour rappel, ce dernier avait fait la promesse de se retirer dans le cas où il serait mis en examen.

OPEP : Le rapport mensuel de l’organisation des principaux producteurs de pétrole mondiaux indique que les réserves en pétrole continuent d’augmenter malgré les efforts des membres de l’organisation pour réduire leur production journalière. La faute revient aux pays hors OPEP, et notamment les Etats Unis qui ont augmenté leur production ces derniers mois, au point que l’OPEP a révisé à la hausse ses projections de production pétrolière en 2017 dans les pays industrialisés. Les prix du pétrole ont de nouveau reculé hier de plus de 1% et enregistré un nouveau point bas depuis 3 mois ($50,25 pour l’indice Brent / $47,09 pour l’indice WTI). Malgré l’affaiblissement général de l’euro entrevu depuis lundi, les devises liées au pétrole restent cependant toujours très fragiles face à la devise européenne. Le cours EUR/CAD a retouché le niveau de C$1,4350, tandis que le cours EUR/NOK a été de nouveau aperçu au-dessus du seuil de NOK 9,17. Le cours EUR/RUB a quant à lui de nouveau brisé le seuil de RUB 63,0.

Brexit : Theresa May a indiqué hier qu’elle informerait le Parlement britannique du lancement du processus de divorce avec l’Union Européenne d’ici la fin du mois. Hier l’agence Bloomberg a rapporté les propos de deux responsables européens laissant entendre que l’Union Européen pourrait décider de ne pas se lancer dans les négociations avant le mois de juin (date du 20 juin mise en avant). En effet, les responsables politiques européens doivent d’abord se mettre d’accord sur une ligne directrice à suivre.

BOE : Alors qu’elle était supposée remplacer la membre Minouche Shafik au sein du comité directeur de la Banque d’Angleterre, Charlotte Hogg a finalement décidé hier de démissionner avant même sa prise de fonction. Sa nomination était récemment critiquée alors qu’elle a volontairement omis de divulguer que son frère travaillait pour la banque Barclays, ce qui est considéré comme une violation du code de conduite de la banque.

Focus du jour : La Fed en passe d’annoncer une nouvelle hausse de taux…Le ‘populisme’ passe un test important aux Pays-Bas…La Chine tente d’apaiser les relations avec les Etats Unis…Statistique de l’emploi au Royaume-Uni

Fed : A 19h00, la Fed devrait vraisemblablement annoncé une nouvelle hausse de ses taux directeurs de 25pbs, à peine trois mois après sa dernière intervention. C’est du moins le scénario partagé par une très large majorité des investisseurs si l’on en croit les marchés à terme qui évaluent à plus de 90% la probabilité d’un tel évènement (cf indice CME FedWatch Tool). La Fed via ses membres a communiqué en mars sur sa volonté d’intervenir une nouvelle fois en mars si les fondamentaux économiques continuaient de progresser, notamment en ce qui concerne le marché de l’emploi et l’inflation. Les récents chiffres vont dans ce sens, il serait donc très surprenant que la banque centrale se décide subitement d’être prudente. Une nouvelle hausse de taux est totalement intégrée par les marchés, cependant les marchés questionnent les implications que soulèvent une intervention aussi tôt dans l’année. Dans ce contexte, les nouvelles projections économiques et de la courbe de taux d’intérêt (Dot Plot) seront observées avec attention. En décembre, la Fed projetait trois hausses de taux par an pendant trois ans. Une révision à la hausse ou des signaux de velléité d’une accélération du processus de normalisation offrirait un coup de fouet au dollar qui demeure assez statique depuis une semaine (incapacité pour l’indice DXY de briser le seuil de 102,3 – plus haut niveau depuis plus de deux mois). A l’inverse, l’absence d’indications précises sur l’agenda monétaire pourrait provoquer un élan de déception qui ferait subir quelques pertes au dollar américain.

Elections législatives aux Pays-Bas : Les citoyens hollandais sont appelés aux urnes afin de renouveler la composition du Parlement et de ses 150 membres. Ces élections font figure aux yeux des investisseurs de test grandeur nature qui permettra d’évaluer la nouvelle position des mouvements contestataires dans le paysage politique européen,  et le poids de l’idéologie eurosceptique au sein même de la Zone Euro avant les élections clés à venir en France (avril/mai) et en Allemagne (septembre). Pendant plusieurs mois, le parti d’extrême droite PVV, qui milite notamment pour une sortie des Pays-Bas de la Zone Euro et en faveur d’une suppression de l’immigration, faisait la course en tête dans les sondages, et faisait planer la possibilité de voir le leader du parti, Geert Wilders, devenir le nouveau premier ministre hollandais. Ces dernières semaines, cette menace a reculé alors que les principaux partis hollandais ont clairement indiqué ne pas vouloir prendre part à une coalition avec le PVV, et que ce dernier a vu son avance dans les sondages fortement chuter au point que les deux récentes enquêtes publiées hier placent respectivement à la 3ième et 5ième place dans les intentions de vote. Les résultats qui seront dévoilés qu’au petit matin jeudi pourrait provoquer de fortes turbulences sur les marchés européens si il s’avérait que le PVV devenait le parti politique le plus représenté au parlement, ce qui remettrait la lumière sur le risque (perçu en ce sens par les marchés) de voir Marine Le Pen et son projet de retour au franc l’emporter en France au printemps prochain.

Chine : Sous le feu des critiques depuis l’élection de Trump, la Chine, par le biais de son premier ministre Li Keqiang, a tenté d’apaiser les tensions et indiqué qu’elle ne souhaitait pas rentrer dans une guerre commerciale avec les Etats Unis. Le pays fait ainsi un premier pas et réclame des discussions entre les deux pays afin de pouvoir trouver un terrain d’entente. Cette déclaration intervient alors qu’un voyage officiel du premier ministre chinois est programmé aux Etats Unis le mois prochain.

Royaume-Uni : Les nouvelles statistiques de l’emploi au Royaume-Uni pourraient signaler un nouveau ralentissement – seconde baisse successive - de la croissance des salaires dans le pays au mois de janvier (consensus salaires hors bonus +2,5% A/A vs 2,6% en décembre). A l’heure où l’inflation croît à un rythme effréné, stimulée par une faible valorisation de la livre sterling, un ralentissement des salaires correspond implique une dégradation du pouvoir d’achat des ménages et donc une possible dégradation des perspectives de croissance économique du pays. Un nouveau signe de décélération de l’économie britannique dans un climat politique actuellement hautement incertain est susceptible de relancer les pressions baissières sur la livre sterling.  

EUR

Nouvelle journée difficile pour l’euro qui s’est dépréciée face à l’ensemble de ses pairs du G10 à l’exception de la livre sterling et de la couronne norvégienne. On peut y voir ici le prolongement du mouvement de consolidation débuté lundi et d’une montée des craintes des investisseurs avant le scrutin de mercredi aux Pays-Bas et en amont des élections françaises. La mise en examen hier de François Fillon a provoqué peu de remous sur les marchés, celle-ci étant attendue et peu de détails n’ont filtré sur ce qu’elle pourrait impliquer pour l’avenir du candidat à l’élection présidentielle. Au contraire, les élections aux Pays-Bas sont considérées par les investisseurs comme un vrai test d’évaluation de la force et portée du mouvement populiste en Europe (voir Focus du jour), ce qui explique la prudence qui émane des marchés européens depuis hier.

Le cours EUR/USD a reculé de près de 0,5% et est repassé temporairement sous le seuil de $1,06 (point bas enregistré à $1,0597). On décèle ici un signe de fébrilité du cours de change en amont de la réunion de la Fed et des résultats des élections aux Pays-Bas. L’embellie observée en fin de semaine dernière n’était que passagère, les risques baissiers entourant la paire demeurent très importants.

Aujourd’hui : Croissance de l’emploi au T4 / Révision des chiffres d’inflation en France et en Italie / Elections législatives aux Pays-Bas

EUR/USD à1,0631 (+0,27%)

 

GBP

Les investisseurs auront aujourd’hui une attention toute particulière à l’égard des nouvelles statistiques du marché de l’emploi (10h30). Un nouveau ralentissement de la croissance des salaires – comme l’anticipe les économistes – serait perçu comme un signe supplémentaire d’une décélération actuelle de l’économie britannique (voir Focus du jour). Le cours EUR/GBP pourrait de nouveau tenter de franchir le seuil de £0,88, barrière qui lui résiste depuis maintenant deux mois. La devise britannique reste toujours sensible à l’évolution de l’actualité politique liée au Brexit alors que la première ministre britannique a désormais le pouvoir d’activer l’article 50 quand elle le souhaite. La question du nouveau référendum écossais reste un thème très largement commenté dans les médias alors qu’il apparaît que celui-ci pourrait ne pas avoir lieu avant la fin des négociations de sortie hors de l’UE, comme le signale un ministre britannique ce matin.

Aujourd’hui :  Taux de chômage / Croissance des salaires

EUR/GBP à0,8690 (-0,36%)

CHF

Après un passage très bref au-dessus de ₣1,08 en début de semaine, le cours EUR/CHF est retourné depuis au niveau de sa barrière technique de ₣1,0710. Les incertitudes politiques qui émanent du scrutin hollandais ont ressurgi et sont venues comprimées l’essor du cours EUR/CHF. Les risques baissiers sur le cours EUR/CHF demeurent importants alors qu’un bon résultat du parti d’extrême droite hollandais aux élections législatives provoquerait très certainement un nouveau regain d’attractivité du franc aux yeux d’investisseurs souhaitant protéger leurs couvertures en amont des élections françaises à venir, et des turbulences que celles-ci pourraient provoquer sur les marchés financiers en cas de victoire finale de la candidate au programme eurosceptique Marine Le Pen. Par ailleurs, le cours EUR/CHF pourrait être également victime de sa relation d’interdépendance avec le cours EUR/USD en cas de fort recul de ce dernier suite à la réunion de la Fed. En fonction des conclusions des deux évènements clés de la journée (réunion de la Fed & élections aux Pays-Bas), il ne serait pas surprenant de voir demain l’EUR/CHF revenir au sein de son couloir étroit de fluctuation de ₣1,0630-₣1,0710 entrevu au mois de février.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à1,0717 (+0,07%)