Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Le cours EUR/USD a approché le niveau de $1,0750 en séance asiatique ($1,0746) sous l’impulsion d’une pointe de déception des investisseurs après la réunion de la Fed.  
  • Statu quo de la BoJ – la banque maintient sa stratégie de plafonnement du taux 10 ans à 0%. Léger renforcement du yen ce matin à ¥121,50.
  • Statu quo de la BNS – La banque reste sur une stratégie d’intervention sur le marchés des changes. Le cours EUR/CHF plafonne à ₣1,0710, la paire demeurant insensible aux résultats des élections néerlandaises.
  • Rebond de plus de 1% des cours du pétrole ce matin. Brent de retour au-dessus de $52,0.

Focus de la veille : La Fed remonte ses taux d’intérêt mais pas de signe d’accélération à venir…Un membre de la BCE calme la ferveur des marchés… Deutsche Bank moins pessimiste vis-à-vis de l’EUR/USD…Taux de chômage britannique à son plus bas niveau depuis 1975…Les sondages montrent qu’une indépendance de l’Ecosse ne séduit pas les écossais

 Fed : Sans véritable surprise, la Fed a rehaussé ses taux directeurs de 25pbs hier, un scénario très largement anticipé par les marchés. Alors que la communication, qualifiée de plutôt optimiste, des membres de la Fed lors des semaines précédant cette réunion laissait présager une possible accélération du rythme de normalisation des taux dans les prochains mois, ces derniers ont accueilli avec une pointe de déception le statu quo de la Fed sur son agenda monétaire de 2017 et 2018. La Fed reste sur son plan de deux nouvelles hausses de taux en 2017 et trois hausses en 2018. Janet Yellen a confirmé que la Fed conservait une stratégie de normalisation « graduelle » des taux, et que cette intervention en mars ne reflète en aucun cas une réévaluation des perspectives économiques établies en décembre dernier. On peut penser que la Fed maintiendra cette stratégie tant qu’elle n’aura pas davantage de détails en ce qui concerne le contenu des réformes économiques que souhaite mener la Maison Blanche et leurs répercussions sur l’économie américaine.

BCE  : Peter Praet, membre du conseil de gouvernance de la BCE, juge que les niveaux actuels d’inflation en Zone Euro, dont le caractère durable est discuté, ne justifient pas un ajustement de la politique accommodante de la banque centrale européenne. Ce dernier a tenté de tempérer les ardeurs des marchés qui ont commencé à anticiper un potentiel changement de régime suite à la publication d’un rapport dans les médias vendredi indiquant que la BCE avait évoqué durant sa dernière réunion l’idée d’un rehaussement des taux d’intérêt avant la fin du programme QE. « On ne veut pas brûler les étapes » précise-t-il.

Projections EUR/USD : La banque Deutsche Bank, qui figure parmi les acteurs du marché les plus pessimistes vis-à-vis de l’EUR/USD, observe une fenêtre pour un rebond du cours de change à court terme. Ainsi la projection sur l’EUR/USD est rehaussée de $1,00 à $1,08 à horizon T2 2017, de $0,98 à $1,03 à horizon T3 2017. La banque maintient cependant sa projection de $0,95 d’ici la fin de l’année estimant que la divergence entre les politiques monétaires de la Fed et de la BCE devrait fortement peser sur le cours de change.

Royaume-Uni: Grand contraste offert hier par les nouvelles statistiques de l’emploi au Royaume-Uni au mois de janvier. Alors que le taux de chômage recule contre toute attente à son plus bas niveau depuis 1975 (4,7% vs 4,8%) – niveau similaire déjà touché en 2005 – la croissance des salaires hors bonus s’avère nettement moins importante qu’attendu, et chute à son plus bas niveau depuis 5 mois (2,3% A/A vs 2,5% attendu et 2,6% en décembre). Face à la pression actuelle dont semble faire face les revenus réels dans un environnement inflationniste, l’économie britannique pourrait être significativement impactée par un affaiblissement de la consommation des ménages. Dans ce contexte, on voit la perspective d’une hausse de taux par la BOE en 2017 s’éloigner davantage.

Ecosse : Une enquête menée par le cabinet Survation indique que 53% des personnes sondés seraient défavorables à une indépendance de l’Ecosse. Une enquête YouGov signale que 57% des écossais souhaitent rester au sein du Royaume-Uni. Une enquête menée par ScotCen évalue à 46% la proportion d’écossais en faveur d’une indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni.

Focus du jour : Menace populiste freinée aux Pays-Bas…La BoJ maintient un statu quo sur sa politique monétaire…Publication des conclusions de la réunion de la BNS, Norges Bank et BoE

Pays-Bas : Alors que l’on craignait une large poussée de l’extrême droite aux élections législatives néerlandaises, comme un nouveau symbole de la montée en puissance de mouvements populistes et nationalistes en Europe, celle-ci est restée modeste. Le parti d’extrême droite du leader Geert Wilders arrive en seconde position et obtient 20 sièges, soit  5 de plus qu’en 2012, mais reste loin derrière le parti libéral VVD du premier ministre sortant Mark Rutte qui obtient 33 sièges et ressort comme le grand gagnant de ces élections. Parmi les conclusions clés de cette élection, on observe un taux de participation massif de plus de 80% et une forte percée des partis pro-européens Chrétiens démocrates et D66, ce qui suggère une forte mobilisation des citoyens pour faire rempart à la montée du nationalisme et du populisme dans le pays. Considéré comme un indicateur de tendance avant les élections françaises du printemps prochain, le résultat des élections législatives au Pays-Bas est un signal de bon augure envoyé ce matin aux marchés européens.

Banque du Japon : La banque centrale japonaise a communiqué ce matin un nouveau statu quo sur sa politique monétaire et la conservation de la stratégie de plafonnement des taux d’intérêt courts et longs (taux 10 ans japonais maintenu autour de 0%). Dans son communiqué officiel, la banque centrale reste modérément optimiste vis-à-vis des perspectives économiques du pays qui continuent de progresser de manière graduelle. Le retour de l’inflation de manière durable à 2% reste l’objectif majeur de la BoJ, d’où la conservation de la politique actuelle de contrôle de la courbe de rendement des taux obligataires. Alors que la divergence monétaire avec les Etats Unis s’est encore accrue hier suite à la décision de la Fed de remonter une nouvelle fois ses taux, le gouverneur central japonais Haruhiko Kuroda n’entend pas dans l’immédiat rehausser le plafond de 0% fixé sur le taux 10 ans alors que ce scénario est de plus en plus discuté au sein des marchés.

BNS (Suisse) : La forte volatilité observée sur le cours EUR/CHF ces derniers jours – fourchette de fluctuation de ₣1,0697-₣1,0825 sur les 4 dernières séances – traduit une certaine instabilité de la paire, et confirme avant tout la forte sensibilité du franc au contexte politique européen qui reste hautement incertain. Dans ce contexte, la question se pose pour la BNS sur les possibles leviers d’action à leur disposition en cas de nouveau renforcement important du franc dans les prochaines semaines à l’approche des élections présidentielles françaises. Avec un volume de réserve en devises étrangères à son plus haut niveau depuis décembre 2014 (mois précédent l’abandon du taux plancher de ₣1,20 sur le cours EUR/CHF) , les marchés questionnent les capacités Si aucun mouvement significatif n’est attendu à l’issue de cette première réunion monétaire de l’année, la BNS pourrait ouvertement évoquer ses futurs plans à l’issue de cette réunion.

Norges Bank (Norvège) : Selon les 17 économistes sondés par Reuters, la banque centrale norvégienne devrait maintenir ses taux directeurs inchangés à 0,5% à l’issue de la réunion monétaire de mars. La chute importante de l’inflation sous-jacente (excluant les prix de l’énergie et des produits alimentaires) dans le pays au cours des derniers mois – l’indice a reculé à son plus bas niveau depuis 43 mois au mois de février – pourrait forcer la banque centrale à garder une position prudente et à maintenir en vie un scénario d’une possible nouvelle baisse de taux d’ici la fin de l’année. Les marchés tablent actuellement sur une probabilité de baisse de taux à horizon T4 2017/T1 2018 de 40%.

BoE (Royaume-Uni) : Compte tenu des récents signaux de décélération de l’économie, et notamment de dégradation du pouvoir d’achat des ménages dans un environnement actuel de hausse de l’inflation et de ralentissement de la croissance des salaires, un scénario de hausse de taux cette année apparaît de moins en moins crédible. La BoE devrait sans nulle doute maintenir une position neutre à l’issue de cette réunion mais pourrait commencer à préparer le terrain à de nouvelles mesures d’assouplissement si les conditions économiques étaient amenées à se détériorer davantage dans les prochains mois.

EUR

Ce sont des marchés européens plutôt soulagés à la lecture ce matin des résultats des élections législatives aux Pays-Bas. Si la future coalition politique formée pourrait être bancale compte tenu du nombre d’acteurs qu’elle pourrait impliquer (potentielle coalition à 5/6 partis), la conclusion qui est tirée ce matin est que si la popularité des mouvements politiques contestataires et populistes ne peut être niée, celle-ci ne se matérialise pas encore nettement dans les urnes. Les citoyens hollandais se sont mobilisés pour faire front au PVV de Geert Wilders comme le souligne le fort taux de participation, ce qui laisse des motifs d’espoir avant les élections présidentielles françaises où là encore l’extrême droite figure parmi les favoris.

Le cours EUR/USD a très largement profité de la déception hier provoquée par la réunion de la Fed et la confirmation par Janet Yellen d’une stratégie de remontée graduelle des taux dans les mois à venir. Le cours a rebondi hier de plus de 1,2% et atteint un plus haut depuis plus d’un mois. Le score moins important qu’attendu de l’extrême droite néerlandaise prolonge ce matin cette nouvelle ferveur autour de la paire. Un pic à $1,0746 a été enregistré en séance asiatique (plus haut niveau depuis le 6 février).

Aujourd’hui : Inflation en Zone Euro

EUR/USD à1,0707 (-0,23%)

USD

Les investisseurs ont accueilli avec une pointe de déception les propos tenus par Janet Yellen durant sa conférence de presse (voir Focus de la veille). Les marchés ont sanctionné le choix de conserver une stratégie de remontée graduelle des taux d’intérêt alors que les récentes déclarations des banquiers centraux américains laissaient suggérer une potentielle accélération du processus de normalisation. Les taux 2 ans ont reculé de plus de 6pbs sous 1,32% et les taux 10 ans ont quant à eux reculé de plus de 9pbs hier à 2,50%. Ce mouvement baissier sur les taux d’intérêt américain vient sanctionner le dollar qui recule à son plus bas niveau depuis un mois face à un panier de devises.

Aujourd’hui : Permis de construire / Mises en chantier

GBP

Malgré une décélération plus importante qu’attendu de la croissance des salaires au Royaume-Uni qui pourrait se matérialiser dans les prochains mois en un recul significatif de la consommation des ménages, et donc potentiellement un affaiblissement de la vigueur de l’économie britannique, la livre sterling est resté assez stable face à l’euro hier. Les marchés ont accueilli favorablement l’annonce du recul du chômage à son plus bas niveau depuis 1975 et aux sondages indiquant qu’une majorité des écossais sondés ne sont pas favorables à une sortie du Royaume-Uni. Si le ‘Brexit’ en juin dernier nous oblige désormais à prendre du recul vis-à-vis de la fiabilité des sondages réalisés au Royaume-Uni, ces résultats apaisent quelque peu le climat d’incertitude qui plane au-dessus du pays alors que le processus de divorce avec l’UE devrait être lancé dans les prochains jours.

La publication des conclusions de la réunion de la BoE en début d’après-midi sera l’évènement clé à suivre aujourd’hui. Celle-ci pourrait adopter un discours plus prudent qu’à l’habitude (voir Focus du jour), ce qui raviverait les pressions baissières sur la livre sterling.

Aujourd’hui :  Conclusions de la réunion de la BoE

EUR/GBP à0,8730 (0,00%)

CHF

Malgré des résultats aux Pays-Bas plutôt rassurants compte tenu des risques qui émanaient de ce scrutin, le cours EUR/CHF n’a pas rebondi significativement comme on aurait pu s’y attendre. Les investisseurs européens semblent accueillir favorablement la nouvelle mais restent cependant prudents. Il n’est pas de bon ton de crier victoire trop vite. Ce matin, la BNS a maintenu un statu quo sur sa politique monétaire et indique qu’elle continuera d’intervenir de manière sporadique sur les marchés des changes pour contenir les pressions sur un franc toujours considéré comme surévalué. Si la BNS reconnait une amélioration de la conjoncture mondiale, elle demeure cependant modérément positive en ce qui concerne les perspectives économiques en Suisse.  La banque centrale reste en position d’observation en amont des échéances politiques importantes à venir en Zone Euro, et compte tenu des risques importants qui entourent l’économie locale et mondiale. Rien ne sert de courir…tel semble être le leitmotiv de banque suisse.

Aujourd’hui :  Conclusions de la réunion de la BNS

EUR/CHF à1,0708 (-0,23%)