Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) : 

  • L’euro débute la semaine sur une bonne note. Indice PPPI allemand à son plus haut niveau depuis 4 ans et EUR/USD de retour au-dessus de $1,0750.
  • Sous l’impulsion d’un rebond de l’euro, le cours EUR/CNH est de retour sur des niveaux de ¥7,42 (+0,4%) et le cours EUR/CHF sur des niveaux de ₣1,0740 (+0,2%)
  • Le rand sud-africain poursuit son renforcement et est proche de son plus haut niveau observé depuis près de 19 mois (ZAR 13,5278)

Focus de vendredi/week-end : Divergences apparentes entre A.Merkel et D.Trump…Un ajustement de communication au G20 pas anodin…L’Ecosse pousse pour un référendum en 2019…La confiance des ménages américains au plus haut depuis 2000

Rencontre A.Merkel / D.Trump : La rencontre entre le président américain et la chancelière allemande vendredi dernier à Washington a mis en exergue une franche opposition entre les deux dirigeants dont les divergences en matière de commerce ou d’immigration sont connues.  L’image du refus de la poignée de main du président américain est symbolique et témoigne de la distance qui s’est installée entre les deux pays. En ce qui concerne la relation commerciale actuelle entre l’Allemagne et les Etats Unis, Donald Trump a ironisé le fait que les négociateurs allemands avaient été à l’époque bien meilleurs que les négociateurs américains, un nouveau pic censé rappeler l’existence, selon le camp américain, de déséquilibres commerciaux « injustes » entre les deux pays. A l’occasion de leur conférence de presse commune, le président américain s’est malgré tout défendu d’être un partisan d’une politique d’isolationnisme, précisant que la recherche d’accords commerciaux « justes » était son principal objectif.

G20 : Le communiqué officiel publié à l’issue de la rencontre des ministres des finances et banquiers centraux des 20 principales économies mondiales qui s’est tenue vendredi et samedi en Allemagne se démarque ici par l’omission, délibérée, d’un engagement des membres à lutter contre « toute forme de protectionnisme ». Cette conviction mise en avant depuis plusieurs années par le G20 a été ici remplacé par une volonté commune de travailler « au renforcement de la contribution du commerce ». Il ne s’agit pas ici d’un simple jeu d’écriture. Cet ajustement notable de communication traduit ici un changement de paradigme en matière de commerce mondial où le concept de libre échange se voit menacer par l’émergence de velléités de souveraineté et de protectionnisme à travers le monde, un mouvement notamment porté par la nouvelle administration américaine et sa politique dénommée ‘America First’. Présent en Allemagne, le nouveau secrétaire au Trésor américain, Steve Mnuchin, n’a pas visiblement pas convaincu l’ensemble de son auditoire, certains lui reprochant d’être resté très flou sur la façon dont se déploie cette politique ‘America First’, et surtout ses implications directes et indirectes sur le commerce mondial.

Ecosse : Réagissant au refus prononcé cette semaine par Theresa May de laisser l’Ecosse organiser un nouveau vote sur son indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni dans les deux ans à venir, la première ministre écossaise Nicola Sturgeon regrette l’intransigeance de son homologue britannique et juge qu’il n’est pas raisonnable de demander au pays d’attendre plus de de trois ans avant de pouvoir réaliser une nouvelle consultation. Dans l’état actuel des choses, l’Ecosse sortira à horizon 2019, en compagnie du Royaume-Uni, de l’Union Européenne, un choix dont ne veut se résoudre la première ministre sachant que l’Ecosse était majoritairement opposé au ‘Brexit’ lors du vote de juin 2016. Sturgeon se dit prête à négocier pour organiser un vote courant 2019.

Etats Unis : L’université du Michigan a indiqué vendredi dernier que la confiance des ménages envers les conditions économiques actuelles était en mars à son plus haut niveau depuis 16 ans (novembre 2000). Les nombreuses créations d’emploi et la hausse des salaires dans le pays ont très largement favorisé à stimuler l’optimisme des ménages. Ces derniers reconnaissent malgré tout l’existence d’incertitudes en ce qui concerne les prochaines réformes économiques menées par la Maison Blanche, dont le contenu reste à l’heure actuelle imprécis.

En Bref : L’ancien président du parlement européen, Martin Schulz, a été élu ce dimanche à l’unanimité président du parti social-démocrate allemand, et se présente comme le principal concurrent d’Angela Merkel dans la course à la chancellerie programmée en septembre prochain…Les marchés actions européens ont clôturé la semaine dernière à leur plus haut niveau depuis 15 mois suite à la réunion de la Fed et les élections aux Pays-Bas…Le rand sud-africain s’est appréciée de près de 2,9% face à l’euro la semaine dernière, le cours EUR/ZAR clôturant vendredi proche de son plus bas niveau observé sur les 19 derniers mois.

Focus de la semaine : Débats d’une hausse de taux à venir au Royaume-Uni relancés ?...Premières réactions attendues des banquiers centraux américains après la hausse de taux de mars…Les élections françaises au centre de l’attention en Europe…Compte rendu des réunions monétaires des banques centrales australienne et japonaise

Royaume-Uni : Si le ‘Brexit’ continue – et devrait encore pour un bout de temps – d’occuper l’esprit des investisseurs alors que Theresa May peut actionner à tout moment l’article 50, cette semaine l’attention des marchés devrait davantage se focaliser sur les fondamentaux économiques. En effet, le Royaume-Uni s’apprête à publier ses nouvelles statistiques d’inflation (mardi matin) et de ventes au détail (jeudi matin). Ces chiffres revêtent un intérêt particulier car ils arrivent à la suite de la réunion de la Banque d’Angleterre de la semaine dernière à l’issue de laquelle un gouverneur a voté en faveur d’une hausse de taux, et dont le communiqué officiel laissait transparaître une volonté de certains membres à considérer une hausse de taux si les fondamentaux montraient des signes d’amélioration dans les prochaines semaines. Une nouvelle accélération de l’inflation, comme semble l’anticiper une grande majorité des économistes sondés par Reuters, pourrait relancer les débats quant à la possibilité d’une possible hausse de taux à venir au Royaume-Uni. Ces débats semblent prématurés alors que l’on a observé la semaine dernière un ralentissement continu des salaires, et dont un signal important d’une baisse du pouvoir d’achat progressif des ménages. L’intervention de Mark Carney mardi, peu après la publication des chiffres d’inflation, pourrait nous offrir davantage de détails sur les intentions de la BoE. Pour l’heure, le marché intègre une très faible probabilité à une intervention en 2017.

Etats Unis : Compte tenu du calendrier économique relativement peu chargé jusqu’à vendredi –  commandes de biens durables & enquêtes préliminaires PMI d’activité de mars – les marchés n’auront de yeux que pour les réactions successives de nombreux banquiers centraux américains après l’annonce d’une nouvelle hausse de taux en mars. Le choix de maintenir une stratégie de normalisation monétaire graduelle a grandement déçu une frange des investisseurs qui anticipaient à l’inverse des signaux en faveur d’une accélération à venir. Dans ce contexte, le dollar américain a reculé à son plus bas niveau depuis un mois face à un panier de devises. Le point d’orgue interviendra jeudi en début d’après-midi (13h45) avec l’intervention de Janet Yellen à l’occasion d’un évènement organisé par la Fed à Washington.

Zone Euro : Les élections aux Pays-Bas désormais passées, l’attention des marchés européens devrait à nouveau se focaliser sur les élections françaises. Le recul soudain vendredi dernier de l’EUR/USD (-0,3% sur la séance) en réaction à un sondage indiquant un élargissement de l’écart entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron en tête des intentions de vote au 1er tour traduit bien la sensibilité des investisseurs à cet évènement clé. Ce lundi aura lieu un premier débat télévisé inédit de 2H30 entre les cinq candidats les mieux placés actuellement dans les sondages (dans l’ordre) : Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Durant ce débat trois thématiques seront abordées : 1) Société (éducation, écologie, sécurité, Immigration…), 2) Economie et 3) International (Europe, frontières, …). Le jeudi 23 mars, François Fillon participera à l’émission politique sur la chaine télévisée France 2, l’occasion pour lui, très certainement, de faire la lumière et de présenter sa ligne de défense contre les accusations d’emplois fictifs et de détournement de fonds publics pour lesquelles il a été mis en examen la semaine dernière. Outre les élections françaises, on jettera un œil attentif ce lundi sur la réunion de l’Eurogroupe ce lundi au sein de laquelle le cas de la Grèce devrait être vivement discuté, ce mardi sur les discussions entre l’UE et le Japon sur d’éventuels accords bilatéraux,  et vendredi sur la publication des résultats des enquêtes préliminaires PMI d’activité en Zone Euro au mois de mars.

Japon/Australie : Mardi matin l’Australie publiera le compte rendu de sa réunion monétaire de mars à l’issue de laquelle elle a maintenu ses taux d’intérêt inchangés à 1,5%. Ce sera l’occasion d’avoir quelques détails précis sur la position actuelle de la banque. Mercredi matin, ce sera au tour de la Banque du Japon de publier le compte rendu de sa réunion monétaire de janvier.

EUR

L’euro débute la semaine sur une note positive, très certainement stimulé par les récents sondages publiés durant le week-end dans lesquelles l’écart entre E.Macron et M.Le Pen dans les intentions de vote au premier tour varie entre 0% et 1%. Si les résultats la semaine dernière aux Pays-Bas, et la progression moins importante qu’initialement craint de l’extrême droite, ont rassuré les marchés et soutenu la valorisation de l’euro, nulle place est laissée à la complaisance. L’issue de l’élection française reste encore incertaine pour nombre d’observateurs, d’où la forte sensibilité de l’euro à l’évolution du rapport de force entre les candidats dans les sondages. Si pour le moment, les candidats se sont principalement affrontés par presse interposée, le premier débat télévisé programmé ce soir (21h00) pourrait marquer un tournant décisif.

Si les évènements politiques en Europe ont relégué dans l’ombre le cas non résolu de la Grèce et de son besoin urgent de financement pour rembourser sa dette auprès de ses créanciers (échéance de €7,5Mds en juillet), celui-ci devrait faire temporairement son retour dans la lumière à l’occasion des discussions qui se tiendront aujourd’hui entre les ministres des finances de l’UE (Eurogroupe). Ce matin, la dynamique à 12 mois des prix à la production en Allemagne est ressorti à son plus haut niveau depuis plus de 4 ans, confirmant ainsi les pressions inflationnistes actuellement observées en Zone Euro.

Aujourd’hui : Réunion de l’Eurogroupe / Croissance des salaires au T4 2016 en Zone Euro

EUR/USD à 1,0760 (+0,22%)

USD

La déception créée par la Fed la semaine dernière, couplée aux craintes d’isolationnisme renforcées suite à la rencontre tendue entre Angela Merkel et Donald Trump et l’ajustement de communication des membres du G20 en matière de lutte contre le protectionnisme (voir Focus de la veille), ont pesé sur la valorisation du dollar qui a clôturé la semaine à son plus bas niveau depuis plus d’un mois face à un panier de devises. Les marchés obligataires restent très divisés sur le rythme de hausse de taux à venir aux Etats Unis alors que la Fed maintient une stratégie prudente de normalisation graduelle de ses taux, un choix qui semble être dicté par les importantes incertitudes qui entourent toujours, près de deux mois après son arrivée, les futures réformes menées par la Maison Blanche. L’apparition dans les médias de nombreux banquiers centraux américains, dont Janet Yellen ce jeudi, pourraient offrir des points d’éclaircissement dans ce débat.

Aujourd’hui : Indice d’activité de la Fed de Chicago

GBP

Après avoir atteint lundi dernier son plus bas niveau depuis près de deux mois face à l’euro, la livre sterling s’est significativement renforcée en fin de semaine alors que le spectre d’une possible hausse de taux par la Banque d’Angleterre est réapparu sur les marchés à l’issue de la publication jeudi dernier des conclusions de la réunion monétaire de la Banque d’Angleterre. Le cours EUR/GBP a ainsi clôturé la semaine sous le niveau de £0,87 (clôture à £0,8662). Ces débats devraient se poursuivre cette semaine en marge de la publication des nouvelles statistiques d’inflation et de ventes au détail. Les débats autour d’un éventuel référendum écossais devrait se poursuivre cependant son impact sur la livre sterling pourrait rester modeste de par le fait que Theresa May a été claire qu’elle n’accordera pas le pouvoir à l’Ecosse d’organiser cette consultation durant la période de négociation avec l’UE, et que les sondages semblent indiqué que les écossais ne sont pas favorables actuellement à une sortie du Royaume-Uni. Les risques sont cette semaine plutôt haussier sur la livre sterling alors que les fondamentaux économiques pourraient raviver de nouvelle spéculation vis-à-vis de la future politique menée par la BoE, et renvoyer au second plan les débats autour du ‘Brexit’…à moins que T.May ne décide subitement d’activer l’article 50 comme elle en a le pouvoir depuis lundi dernier.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/GBP à 0,8668 (+0,07%)

CHF

Le pic soudain la semaine dernière du cours EUR/CHF au-dessus du niveau de ₣1,08 n’aura été temporaire, et principalement guidé par un regain d’intérêt pour l’euro au lendemain de la réunion de la BCE. Le statu quo de la politique monétaire de la BNS en mars a quelque peu déçu des investisseurs qui questionnent les véritables capacités de la banque à contenir la hausse du franc dont on craint les répercussions négatives sur l’économie. Si le gouverneur Jordan a rassuré les marchés sur les leviers d’action qui restaient à la disposition de la BNS, et ainsi permis un retour du cours de change au-dessus du seuil clé de ₣1,0710, les investisseurs restent malgré tout suspicieux. La publication ce mardi des nouvelles statistiques de la balance commerciale helvète au mois de février, période durant laquelle le cours EUR/CHF a globalement fluctué au sein d’une fourchette de ₣1,0630-₣1,0710, permettra de vérifier si le surplus record enregistré en janvier, et l’optimisme qui en a découlé, était ponctuelle ou non. A noter également cette semaine que le secrétariat d’Etat aux affaires économiques publiera ses nouvelles projections économiques, ce qui permettra aux observateurs d’avoir un entre-aperçu des perspectives économiques du gouvernement.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à 1,0737 (+0,14%)