Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Les cours du pétrole sont sur ses plus hauts niveaux de l’année. L’indice Brent oscille actuellement autour du niveau de $56,5.
  • Légère contraction du yen après son rebond depuis de 1% observé hier. Cours EUR/JPY à ¥116,50.
  • Renforcement de l’euro face à l’ensemble de ses pairs du G10 ce matin (excepté NOK & SEK). Cours EUR/USD en hausse de 0,2% à $1,0620.                                                        

Focus de la veille:  Hausse des tensions géopolitiques dans le monde : le yen à la fête, les devises émergentes sous pression…L’inflation au Royaume-Uni se maintient à son plus haut niveau depuis 3 ans ½ …La Cour Suprême sud-africaine réfléchit à organiser un vote de confiance envers le président Zuma à bulletin secret

Tensions géopolitiques : La journée d’hier fut caractérisée par une hausse soudaine des tensions géopolitiques à travers le monde, avec à chaque fois au centre des débats les Etats Unis. La Corée du Nord a durci le ton en indiquant qu’elle était prête à rentrer en guerre alors qu’un porte avion américain a été aperçu se dirigeant en péninsule coréenne. Cette menace ne semble pas avoir provoqué la moindre émotion du côté américain, l’administration de Donald Trump qui au contraire de jouer la carte de l’apaisement a remis de l’huile sur le feu en indiquant hier qu’elle n’excluait pas de possibles frappes militaires comme en Syrie la semaine dernière. La succession des menaces de chaque bord fait craindre l’éclatement d’un conflit armé dans la région. L’autre point de friction observé hier oppose Etats Unis et Russie. Alors que les membres du G7 réunis depuis le début de la semaine en Italie ont souligné le fait que la Russie ne pouvait plus soutenir le régime de Bachar al-Assad, les Etats Unis ont quant à eux accusé la Russie d’avoir une responsabilité directe dans la dernière attaque au gaz sarin du gouvernement syrien sur sa population. Dans un climat de plus en plus tendu, la nervosité des investisseurs s’est traduite par une bonne performance des valeurs refuges telles que l’or, les bons du Trésor américains et le yen japonais.

Performance de l’EUR/JPY hier : -1,10% - Point bas à ¥116,19 (plus bas niveau observé depuis le 15 novembre 2016) / Clôture à ¥116,23

Si une hausse des tension géopolitiques à travers le monde a provoqué un regain d’intérêt pour les valeurs refuges, elles ont au contraire provoqué un détournement des investisseurs des devises émergentes dont l’exposition au risque est plus importante.

Performance de l’EUR/PLN hier : +0,37% - Point haut à PLN 4,2509 (plus haut niveau observé depuis 1 semaine ) / Clôture à PLN 4,2454 - Performance de l’EUR/HUF hier : +0,37% - Point haut à HUF 312,21 (plus haut niveau observé depuis ~1 mois) / Clôture à HUF 311,91

Royaume-Uni : Comme attendu, la dynamique d’inflation au Royaume-Uni a marqué une pause au mois de mars, la croissance des prix à la consommation progressant comme le mois de dernier à un rythme de 2,3% sur 12 mois. Malgré la chute des prix de l’énergie durant la période, l’inflation générale se maintient donc à son plus haut niveau depuis 3 ans et demi (septembre 2013 exactement), et reste bien au-dessus de l’objectif de 2% que s’est fixée la banque centrale britannique. Dans ce contexte, les spéculations autour d’une possible hausse de taux à venir au Royaume-Uni (fin 2017, courant 2018) restent vivaces et continuent de soutenir un renforcement de la livre sterling, cette dernière profitant actuellement d’un flux d’actualité lié au ‘Brexit’ assez calme.

Performance de l’EUR/GBP hier : -0,49% - Point bas à £0,8484 (plus bas niveau en avril ) / Clôture à £0,8489

Afrique du Sud : Les médias ont rapporté hier que les autorités judiciaires du pays réfléchiraient à l’organisation d’un vote de confiance anonyme à l’encontre du président Jacob Zuma. Sous ce format, il y aurait de bonne chance que le président actuel ; dont la côte de popularité a fortement chuté depuis quelques semaines et le remaniement ministériel effectué ; soit destitué.

Performance de l’EUR/ZAR hier : -0,83% - Point bas à ZAR 14,5971 / Clôture à ZAR 14,6521

Focus du jour  : Chiffres de l’emploi au Royaume-Uni (10h30)…Décision monétaire de la Banque du Canada (16h00)…Visite du secrétaire d’Etat américain en Russie

Etats Unis/Russie : Alors que les tensions entre Etats Unis et Russie ne cessent de s’intensifier sur le cas syrien, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson sera aujourd’hui à Moscou où il rencontrera son homologue russe, et potentiellement Vladimir Poutine. A travers cette rencontre, les Etats Unis vont tenter de faire fléchir la Russie et son soutien (pour le moment indéfectible) envers le régime de Bachar al-Assad. Compte tenu des critiques acerbes tenues par plusieurs responsables américains hier à l’encontre de la Russie et de sa potentielle responsabilité dans la récente attaque au gaz du gouvernement syrien sur sa population (les Etats Unis accusent notamment la Russie d’avoir fermé les yeux sur cette attaque), il se pourrait que les discussions tournent court. Si tel est le cas, un sentiment de nervosité générale pourrait se répandre sur l’ensemble des marchés financiers, et ainsi alimenter des pressions haussières sur les valeurs refuges.

Royaume-Uni :   Les statistiques de l’emploi publiées ce matin au Royaume-Uni pourraient montrer une stabilité du taux de chômage (consensus : 4,7% vs 4,7% en janvier) mais une nouvelle décélération de la dynamique de croissance des salaires. La croissance des salaires hors bonus pourraient enregistrer en février son troisième mois de recul consécutif et chuter à son plus bas niveau observé sur les sept derniers mois (consensus : 2,1% A/A vs 2,3% en janvier). Un ralentissement de la croissance des salaires dans un environnement économique dans lequel l’inflation demeure importante apparaît comme un signe alarmant d’une possible dégradation de la consommation des ménages, et donc de la croissance dans le pays. A cette occasion, la livre sterling pourrait abandonner quelques gains accumulés lors des dernières séances, alors que les spéculations autour de la stratégie monétaire de la BoE apparaissent actuellement comme le principal facteur de volatilité sur la devise britannique.

Canada : En milieu d’après-midi (16h00), la Banque du Canada publiera les conclusions de sa dernière réunion monétaire. Aucune annonce majeure n’est attendue aujourd’hui, cependant les marchés seront attentifs sur la teneur des propos tenus par les banquiers centraux canadiens. Evoqué lors des précédentes réunions monétaire, les banquiers centraux canadiens pourraient rester évasifs à l’égard d’un scénario de baisse de taux alors que les fondamentaux économiques se sont renforcés et que la menace d’une abrogation des accords de libre-échange nord-américain s’est légèrement estompée.

EUR

Si les indices de confiance en Zone Euro ne cessent de progresser (indice ZEW de sentiment économique en Allemagne a atteint en avril son plus haut niveau depuis août 2015) et suggèrent un redressement de l’économie en Zone Euro, cela ne se traduit pas dans les chiffres comme l’illustre encore la contraction surprise hier de la production industrielle en Zone Euro au mois de février (-0,3% M/M). Ce contraste persistant vient remettre en question les perspectives économiques réelles de la région, et accroit la défiance des investisseurs à l’égard d’un possible changement d’orientation monétaire de la BCE à court terme. Comme l’a encore précisé Mario Draghi la semaine dernière, un changement de cap monétaire n’apparaît à l’ordre du jour. L’euro reste donc freiné par une relative faible attractivité dans un climat politique et géopolitique actuellement hautement incertain. Les élections françaises continuent de concentrer l’attention des marchés, le flou entourant le résultat final de cette élection clé tend à maintenir pour le moment les investisseurs à l’écart de l’euro. La présence de Marine Le Pen en haut des intentions de vote au 1er tour (au coude à coude avec Emmanuel Macron), et la montée récente du candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, dont l’accession au second tour apparaît aujourd’hui comme un scénario crédible, n’inspire pas la confiance des marchés. Dans ce contexte, le cours EUR/USD se maintient dans une borne de fluctuation « basse », autour du niveau de $1,06.

Aujourd’hui :  Indice de prix de gros en Allemagne / Estimation finale de l’inflation en Espagne

EUR/USD à1,0619 (+0,16%)

USD

Après avoir enregistré un rebond de plus de 2% en deux semaines, on observe depuis le début de semaine un léger repli du dollar alors que les Etats Unis sont actuellement au centre de l’ensemble des frictions géopolitiques actuelles, que ce soit avec la Russie sur le dossier syrien ou avec la Corée du Nord dont les essais de missiles apparaissent comme une réelle menace pour les alliés que sont la Corée du Sud et le Japon. Les récentes interventions de Donald Trump, notamment via son compte twitter, laisse craindre l’éclatement d’un nouveau conflit mondial alors que le président américain n’exclut pas l’idée de frapper militairement la Corée du Nord. Sous couvert de son statut de valeur refuge, le potentiel baissier du dollar sur fond de dégradation du climat géopolitique mondial apparaît malgré tout modeste. 

Aujourd’hui : Pas de chiffres clés

GBP

La livre sterling est retourné hier sur ses plus hauts niveaux observés depuis un mois, le cours EUR/GBP chutant sous le seuil de £0,85 alors que le maintien de fortes pressions inflationnistes dans le pays maintiennent (pour le moment) en vie les spéculations de possible normalisation monétaire à venir au Royaume-Uni. Ce renforcement de la livre sterling pourrait n’être cependant que temporaire, la devise britannique bénéficiant principalement d’une pause des débats autour du ‘Brexit’ en attendant que les responsables européens aient défini leur feuille de route officielle. Le début des négociations entre britanniques et européens pourraient en effet faire renaître quelques craintes parmi les investisseurs. Par ailleurs, la livre pourrait dès aujourd’hui abandonner quelques gains face à l’euro alors que les économistes tablent sur un ralentissement de la croissance des salaires hors bonus au Royaume-Uni à son plus bas niveau sur les sept derniers mois lors de la publication ce matin des statistiques de l’emploi au mois de février.

Aujourd’hui :  Rapport sur l’emploi

EUR/GBP à0,8498 (+0,11%)

CHF

Les journées et se ressemblent pour la paire EUR/CHF dont la volatilité depuis le début de la semaine demeure très modeste. L’escalade des tensions géopolitiques à travers le monde et le manque de traction de l’euro en amont des élections françaises dont l’issue demeure hautement incertaine empêche un redressement du cours de change. A l’inverse, le soutien important des banquiers centraux suisses et la position d’observation des investisseurs avant le 1er scrutin français qui aura lieu le 23 avril prochain limitent une chute importante du cours sous le support technique de ₣1,0680.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à1,0689 (+0,07%)