Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Repli de l’euro sur fond de normalisation suite à l’important rebond survenu en fin de session américaine provoqué par les propos de Donald Trump au Wall Street Journal signalant sa préférence pour un dollar plus faible et des taux bas.
  • L’EUR/USD recule de 0,2% ce matin et retombe sous le niveau de $1,0650 après avoir enregistré un point haut hier à $1,0675.
  • Le spectre des élections françaises continuent de peser sur les marchés européens. L’indice de volatilité implicite de l’EUR/USD à 1 mois est sur ses plus hauts niveaux depuis 10 mois.
  • Fort rebond des devises liées aux matière premières  telles que l’AUD (+1,1%) et le CAD (+0,4%) suite à la publication des statistiques de la balance commerciale qui s’avèrent bien meilleurs qu’attendu. Les exportations chinoises ont progressé de plus de 16% en mars, soit une dynamique 5x supérieur au consensus.                     

Focus de la veille:  D.Trump affiche sa préférence pour un dollar plus faible…La BoC maintient ses taux inchangés et ne veut pas céder à l’optimisme…Ralentissement moins important que prévu des salaires au Royaume-Uni…Le coût de couverture sur l’EUR/USD à horizon 1 mois à son plus haut niveau depuis 10 mois…Normalisation du rand sud-africain alors que le nouveau ministre des finances tentent de rassurer les marchés

D.Trump vs USD : Dans un entretien donné au Wall Street Journal et publié hier, le président américain Donald Trump affiche clairement sa préférence pour un dollar plus faible et des taux d’intérêt bas, jugeant que la forte valorisation actuelle de la devise américaine pèse sur la compétitivité des exportations du pays. Partant de ce constat, la question est de savoir comment Donald Trump pourrait influer à la baisse sur le dollar alors que la politique actuelle de normalisation monétaire de la Fed et les réformes fiscales promises par le président sont deux éléments plutôt favorable à un renforcement du dollar américain. Le dollar a vivement réagi aux propos du président américain, la devise américaine reculant de plus de 0,6% face à un panier de devises dans l’heure qui suivit la parution de cet entretien, chutant ainsi à son plus bas niveau au mois d’avril.

Banque du Canada : Sans surprise la banque centrale canadienne a maintenu ses taux directeurs inchangés hier, et indiqué que les récents bons résultats économiques observés ne laissent, pour le moment, en aucun cas présager d’une dynamique de croissance durable dans le pays. Si un scénario de possible baisse de taux à moyen terme n’est pas exclu, les conditions macroéconomiques actuelles n’en font pas cependant une priorité. Dans ce contexte, les banquiers centraux canadiens pourraient maintenir une position neutre sur les taux d’intérêt pendant une période de temps prolongée.

Performance de l’EUR/CAD hier : +0,03% - Point bas à C$1,4059 (plus bas niveau depuis le 3 mars) / Clôture à C$1,4132

Royaume-Uni : La dynamique de croissance des salaires a légèrement ralenti en février, mais bien moins que ce que redoutait les marchés. Les salaires hors bonus ont ainsi progressé à un rythme de 2,2% en année glissante contre 2,1% attendu et 2,3% en janvier. La livre sterling s’est dans un premier temps renforcée face à l’euro en réaction immédiate à ces chiffres moins décevants que prévu (point bas depuis 6 semaines touché par le cours EUR/GBP en session européenne). Cela reste malgré tout la plus faible dynamique observée sur les derniers mois. Par ailleurs, si le taux de chômage moyen sur les trois derniers mois reste inchangé à 4,7% en février, le Royaume-Uni a enregistré sur cette période la plus forte hausse de demandeurs d’emploi depuis le mois de juillet 2011 (+25,5k).

Performance de l’EUR/GBP hier : +0,16% - Point bas à £0,8474 (plus bas niveau depuis le 27 février) / Clôture à £0,8503

Risque autour de l’EUR/USD : Face aux incertitudes qui émanent des prochaines élections françaises dont le 1er scrutin est dans moins de deux semaines, on observe un positionnement massif des investisseurs sur les marchés options pour se prémunir contre une forte volatilité potentielle de l’EUR/USD à horizon un mois. Une majorité d’entre eux craignent notamment un recul important du cours de change en cas de victoire finale de la candidate eurosceptique Marine Le Pen. Ainsi l’indice de volatilité implicite à 1 mois sur le cours EUR/USD a atteint hier son plus haut niveau depuis près de 10 mois (14 juin 2016 exactement).

Afrique du Sud : Le rand s’est renforcé de plus de 2% hier face à l’euro alors que le nouveau ministre sud-africain des finances a tenté de rassurer les investisseurs en indiquant qu’il poursuivrait la politique de son prédécesseur Pravin Gordhan.

Performance de l’EUR/ZAR hier : -2,05% - Point bas à ZAR 14,3434 (plus bas niveau depuis une semaine) / Clôture à ZAR 14,3511

Focus du jour  : Révision des statistiques d’inflation en Allemagne et en France…Hausse surprise des exportations chinoises à leur plus haut niveau depuis 2 ans (+16,4%)…Indice Michigan aux Etats Unis (16h00)

Inflation en Zone Euro : Les dynamiques d’inflation générale à 12 mois en Allemagne et en France au mois de mars sont ressorties ce matin inchangées par rapport aux premières estimations publiées il y a quelques semaines (1,6% A/A vs 2,2% en février en  Allemagne / 1,4% A/A vs 1,6% en février en France) . Ces chiffres confirmes la décélération de la croissance des indices de prix dans les deux principales économies de la Zone Euro sur cette période suite notamment au repli important des prix de l’énergie. Dans ce contexte, la BCE devrait rester prudente et opter pour un maintien prolongé de sa politique accommodante actuelle. L’évocation d’un possible changement de cap monétaire lors de la réunion du 27 avril prochain semble exclu.

Chine : La croissance des exportations chinoises au mois de mars a significativement accéléré au mois de mars, ressortant à 16,4% en année glissante sur cette période, soit cinq fois plus que la projection médiane des économistes sondés par Reuters (consensus : +3,2%). Ce rebond qui intervient après la contraction observée le mois précédent (-1,3% A/A ) semble confirmer une hausse de la demande mondiale. Ces statistiques interviennent au lendemain de la publication de propos plus nuancés du président américain à l’égard de son partenaire économique chinois. Au Wall Street Journal, Donald Trump a ainsi indiqué que la Chine ne manipulait pas sa monnaie, des propos qui tranchent totalement avec les précédentes déclarations véhémentes du président et de son administration à l’égard de la Chine et de son important surplus commercial avec les Etats Unis. Le surplus commercial de la Chine avec les Etats Unis au T1 2017 est quasiment aussi fort qu’il y a un an ($49,6Mds vs $50,6Mds au T1 2016).

Etats Unis : L’indice préliminaire Michigan sur la période d’avril pourrait confirmer le maintien d’un haut niveau de confiance des ménages américains (consensus : 96,5 vs 97,6 en mars).

EUR

La poussée observée hier sur l’EUR/USD ne devrait être que temporaire car ne reposant que sur une réaction épidermique des investisseurs aux propos de Donald Trump sur la forte valorisation actuelle du dollar américain. Comme soulevé ces derniers jours, le potentiel haussier de l’euro reste très contenu, voire inexistant, sachant que les investisseurs ne semblent pas être prêt à passer à l’achat sur l’euro tant que la menace des élections françaises persistera. La hausse hier de l’indice de volatilité implicite sur l’EUR/USD à horizon 1 mois traduit bien ce sentiment. L’issue finale de cette élection clé reste totalement floue, et un nouveau scénario « catastrophe » a émergé récemment sur les marchés suite à la montée du candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon dans les sondages : avoir un second tour opposant deux candidats connus pour leur scepticisme à l’égard de l’Union Européennes et ses institutions, à savoir Marine Le Pen vs Jean-Luc Mélenchon. L’embellie observée dans la nuit sur le cours EUR/USD ne devrait donc pas perdurer et il ne serait pas surprenant de revoir le cours de change redescendre progressivement vers le niveau de $1,06 d’ici la fin de semaine.

Outre les élections françaises et le risque potentiel de ‘Frexit’ qui y est associé, de nouvelles sources d’incertitude ont surgi hier sur les marchés : 1) La présidente du FMI s’est montré nuancé quant à la participation de l’organisation au nouveau plan d’aide à la Grèce, et 2) Le président de la commission européenne a indiqué dans un entretien au journal italien La Repubblica qu’il excluait toute possibilité de voir l’Italie sortir de la Zone Euro alors que l’hypothèse est avancée par le mouvement politique Mouvement 5 étoiles en amont des élections législatives de début 2018.

Aujourd’hui :  Révision des estimations d’inflation en Allemagne et en France

EUR/USD à1,0648 (-0,15%)

USD

La persistance d’un sentiment général d’aversion au risque sur les marchés eu égard des récentes tensions géopolitiques, impliquant les Etats Unis, qui ont émergé cette semaine et les propos tenus hier par Donald Trump sur la forte valorisation actuelle du dollar (voir Focus de la veille) envoient ce matin le dollar américain à son plus bas niveau au mois d’avril. Si les relations entre Etats Unis et Chine semblent peu à peu se normaliser ; Donald Trump revenant hier sur sa déclaration que la Chine pourrait éventuellement manipuler sa monnaie pour rendre ses exportations compétitives ; les relations avec la Russie sur le dossier syrien restent quelque peu tendus, bien que les discussions hier entre le secrétaire d’Etat américain et le président russe Vladimir Poutine signalent un souhait d’amélioration. La Russie a hier apposé son véto sur la décision du Conseil de sécurité de l’ONU de mener une enquête auprès du gouvernement syrien en ce qui concerne la récente attaque au gaz sarin qui a touché la population. Le climat tendu autour de la Syrie, mais également de la Corée du Nord pourraient continuer d’influer sur la volatilité du dollar américain (plutôt à la baisse actuellement).  

Aujourd’hui : Indices Michigan de confiance des ménages / Inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage

GBP

Malgré un nouveau recul de la croissance des salaires ; à son plus bas niveau depuis 7 mois (salaires hors bonus – voir Focus de la veille) – les investisseurs restent malgré tout optimistes à l’égard de la livre sterling face à l’euro. Bien que contrastés, les fondamentaux économiques au Royaume-Uni maintiennent en vie les spéculations autour d’une potentielle hausse de taux par la Banque d’Angleterre à moyen terme. La livre sterling profite également d’une certaine aversion des investisseurs pour l’euro en amont des élections française, et du fait que médias et investisseurs ont temporairement détourné leur attention de la problématique du ‘Brexit’.

L’indice de volatilité implicite à 1 mois sur l’EUR/GBP est actuellement à son plus haut niveau sur les 6 derniers mois alors que les craintes liées au ‘Frexit’ préoccupent davantage les investisseurs que les négociations autour du ‘Brexit’.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/GBP à0,8479 (-0,28%)

CHF

Après avoir chuté durant la session européenne à son plus bas niveau depuis près de 6 semaines sur fond de persistance du sentiment d’aversion au risque sur les marchés (point bas enregistré à ₣1,0663), le cours EUR/CHF a finalement rebondi durant la session américaine sous l’impulsion de l’important rebond du cours EUR/USD provoqué par les propos tenus par Donald Trump au Wall Street Journal concernant la forte valorisation du dollar américain. La paire EUR/CHF a ainsi clôturé aux portes des ₣1,07.

Ce rebond ne devrait cependant pas perdurer, les risques liés aux élections françaises pesant sur l’euro demeurant toujours très importants. L’indice de volatilité implicite à un mois sur le cours EUR/CHF est actuellement à son plus haut niveau depuis 9 mois.

Aujourd’hui :  Indice PPI

EUR/CHF à1,0684 (-0,10%)