Aperçu de l'actualité des marchés

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Fort recul du dollar australien (-0,5% vs EUR) sur fond de recul des prix du minerai de fer en Chine et de prudence soulevée par la RBA dans le compte rendu de sa réunion monétaire d’avril.
  • Recul du yen (-0,1% vs EUR)  alors que l’influence des risques géopolitiques sur l’appétence au risque des marchés tend à légèrement s’essouffler.
  • Léger recul du dollar :  le secrétaire américain au Trésor reconnaît dans un entretien publié ce matin par le Financial Times que la grande réforme fiscale ne devrait pas voir le jour avant les congés annuels du mois d’août des membres du Congrès.
  • Réouverture des marchés européens aujourd’hui après une période de deux jours de congés. Les risques liés à l’élection française (1er tour dimanche) prédominent. Forte hausse des coûts des produits de couverture à horizon une semaine sur les paires liées à l’euro (EUR/USD, EUR/GBP & EUR/CHF notamment).

Focus de la veille:  Accélération de la croissance en Chine au T1 2017 (+6,9% A/A vs 6,8% attendu)…La Corée du Nord toujours au centre des tensions…Les investisseurs s’interrogent sur la solidité de l’économie américaine après les chiffres décevants de vendredi dernier…Forte hausse de la livre turque après le référendum

Chine : Seconde accélération consécutive de la croissance trimestrielle chinoise qui est ressortie au premier trimestre 2017 au-dessus des attentes des économistes, à 6,9% A/A contre 6,8% attendu. Il s’agit non seulement du plus haut niveau observé lors des 6 derniers trimestres, mais également d’une dynamique bien supérieure à l’objectif de « 6,5% ou plus » fixé par les responsables politiques chinois cette année. Cette bonne performance s’explique par une solide croissance de la consommation domestique (ventes au détail) et du marché de l’immobilier. Point positif, cette croissance n’a cette fois ci pas été obtenue par l’intermédiaire d’un endettement important, puisque les autorités monétaires chinoises ont commencé depuis quelques mois à resserrer graduellement les conditions de crédit afin d’empêcher la formation d’une bulle spéculative dans l’immobilier et de freiner le phénomène d’endettement effréné, et dangereux à termes, des entreprises chinoises. La bonne santé de l’économie chinoise semble infirmer le scénario d’une hausse de la demande globale en 2017, qui pourrait bénéficier à un grand nombre d’acteurs.

A noter que ce bon résultat de l’économie chinoise n’a eu qu’un effet minime sur les marchés dont la volatilité demeure actuellement très sensible aux tensions géopolitiques observées dernièrement (Etats-Unis/Russie, Etats-Unis/Corée du Nord, Turquie).

Performance de l’EUR/CNH hier : +0,15% - Point bas à CNH 7,3380  / Clôture à CNH 7,3111

Etats Unis vs Corée du Nord : Hier, le vice-président américain, Mike Pence, s’est rendu dans la zone démilitarisé entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, histoire de mettre davantage la pression sur le gouvernement de Pyongyang dont les médias ont révélé qu’il avait tenté, sans succès, de procéder à un nouveau test de missile balistique durant le week-end. Ce dernier a émis le souhait que la Chine, alliée de la Corée du Nord, s’investisse davantage dans ce conflit et profite de sa position géographique et de son influence pour jouer le rôle d’arbitre. Donald Trump est revenue dernièrement sur ses accusations suggérant que la Chine manipulait sa devise, une sorte de main tendue pour influencer Pékin et l’inciter à collaborer avec lui pour apaiser les tensions et stabiliser la région. En cas de refus de la Chine à jouer ce rôle, les Etats Unis pourraient être tentés de frapper militairement la Corée du Nord, signalent certains experts, les récentes frappes en Syrie et en Afghanistan sont là pour témoigner que l’on est pas frileux du côté américain à user de la force si cela est jugée nécessaire.

Cette volonté américaine de chercher en premier lieu, en la personne de la Chine, un arbitrage pour régler ce conflit, a quelque peu rassurer les marchés, d’où un recul du yen japonais en seconde partie de journée après que celui-ci ait touché un nouveau pic depuis 5 mois (9 novembre 2016) face à l’euro.

Performance de l’EUR/JPY hier : +0,64% - Point bas à JPY 114,82 (plus bas niveau depuis 5 mois)  / Clôture à JPY 115,91

Economie américaine : Le dollar a reculé hier sur fond de tensions géopolitiques mais également d’interrogations des investisseurs suite aux rapports d’inflation et de ventes au détail publiés vendredi dernier. La seconde baisse consécutive des ventes au détail au mois de mars suggère une croissance domestique moins importante au premier trimestre, mais ce n’est pas ce qui inquiète le plus. La baisse surprise de l’inflation au mois de mars aux Etats Unis, de 2,7% à 2,4% en dynamique annuelle (consensus 2,6%) fait naître désormais le doute dans l’esprit des investisseurs quant à la possibilité de voir la Fed de nouveau rehausser ses taux d’ici la fin du mois de juin. Hier l’indice CME FedWatch Tool ; captant la probabilité implicite d’une hausse de taux de la Fed en fonction du positionnement des investisseurs sur les contrats à termes et options ; évaluait pour la première fois depuis des semaines à plus de 50% la probabilité d’un statu quo monétaire lors de la réunion de juin.  

Performance de l’EUR/USD hier : +0,29% - Point haut à $1,0670  / Clôture à $1,0640

Turquie : Victoire étriquée, et contestée, pour le président Erdogan lors du référendum de dimanche (51,3% des citoyens turcs ont voté pour une réforme de la constitution) …cependant ce dernier parvient à ses fins en voyant à l’issue de ce vote ses pouvoirs renforcés à la tête de l’Etat (pouvoir de nommer et révoquer ses ministres et les responsables judiciaires à sa guise). La livre turque a fortement reculé hier, les investisseurs interprétant ce vote comme le signe potentiel de nouvelles instabilités à venir dans la région, et notamment de possibles tensions avec l’UE.

Performance de l’EUR/TRY hier : +0,60% - Point haut à TRY 3,9536 / Clôture à TRY 3,9368

Focus du jour  :  Réouverture des marchés européen, australien et de Hong Kong…La RBA (Australie) pointe des faiblesses dans le marché de l’emploi et s’inquiète des hauts prix de l’immobilier…Chiffres de l’immobilier aux Etats Unis (14h30)…Dernière ligne droite en France, une incertitude qui reste grande

Après une fermeture de deux jours pour cause de congés de Pâque, les marchés en Australie, Europe, Hong Kong et Nouvelle Zélande réouvre aujourd’hui.

Australie : Dans le compte rendu de la réunion monétaire d’avril durant laquelle la banque centrale australienne a opté pour un nouveau statu quo de sa politique, on décèle une certaine inquiétude des banquiers centraux face à l’affaiblissement non-attendu des conditions d’emploi dans le pays et par l’importante spéculation qui entoure le marché immobilier local, notamment dans les villes de Sydney et Melbourne où les prix atteignent des niveaux records (faisant par la même occasion grimper la dette hypothécaire des ménages). Ce seront deux éléments qui seront surveillés avec attention dans les prochains mois signale la RBA.

Etats Unis : Les Etats Unis publieront plusieurs statistiques économiques cette après-midi dont notamment les indicateurs de croissance du secteur immobilier, secteur clé pour mesurer la santé de l’économie américaine, que sont les permis de construire et les mises en chantier. Les chiffres seront publiés à 14h30.

France : Nous sommes désormais dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle française alors que le premier scrutin qui décidera du duel final de cette élection aura lieu ce dimanche 23 avril. Selon les derniers sondages publiés hier (sondages Elabe et Ifop-Fiducial), Emmanuel Macron et Marine Le Pen apparaissent comme les mieux positionnés pour atteindre le second tour. Cependant, les deux candidats François Fillon et Jean-Luc Mélenchon restent en embuscade et pourraient créer la surprise ce dimanche. Le sondage mené par Ifop-Fiducial indique un écart de seulement 3,5pts entre E.Macron (23%) et les candidats Fillon et Mélenchon (19,5% tous les deux), Marine Le Pen occupant la seconde position avec 22,5% des intentions de vote. Face à la grande incertitude qui entoure ce scrutin, les investisseurs restent très prudents et continuent de se protéger contre une chute potentielle de l’euro, comme l’indique la forte hausse des prix des produits de couverture à une semaine (graphe de gauche) et à un mois (graphe de droite).

EUR

Après avoir bénéficié d’un léger rebond la veille sous l’effet d’une volatilité limitée en Europe eu égard à la fermeture des marchés européens et d’un ralentissement des spéculations autour de la Fed aux Etats Unis, l’EUR/USD devrait vraisemblablement naviguer en eaux troubles tout le reste de la semaine, en attendant le résultat du premier tour des élections présidentielles françaises. Les marchés ont déjà pris la mesure des risques qui entourent cette élection (possibilité d’avoir au second tour deux candidats peu favorables à l’Europe, dont un en faveur d’une sortie de l’UE, en la personne de Mme Le Pen et Mr Mélenchon- pic de la volatilité implicite 1 semaine et 1 mois sur l’EUR/USD), aussi à moins d’une inversion de tendance soudaine dans les sondages ou d’une annonce de dernières minutes, on pourrait voir des investisseurs en position d’attente jusqu’à dimanche, et un EUR/USD voguer au gré de l’environnement géopolitique mondial et du flux d’information en provenance des Etats Unis, au sein d’une fourchette de $1,0550-$1,0700.

Parmi les évènements clés à suivre cette semaine en Zone Euro, on note : estimations finales de l’inflation en mars en Zone Euro (mercredi), soirée d’avant-premier tour sur France 2 – dont la participation de l’ensemble des candidats n’est pas confirmée - et indices préliminaires PMI en Zone Euro (vendredi).

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/USD à1,0648 (+0,08%)

USD

Dans entretien publié ce matin par le journal financier Financial Times, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, reconnait qu’à cause du retard pris par l’échec de la réforme de l’Obama Care, la grande réforme fiscale ; promesse de campagne phare du président américain et sujet très régulièrement évoqué par ce dernier depuis son investiture, censée notamment revitaliser le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises, ne verrait très certainement pas le jour d’ici le mois d’août, période traditionnelle de congés pour les membres du Congrès américain. Ce retard dans l’agenda de réformes économiques de la Maison Blanche, associé aux récents signaux inattendus de faiblesses (du moins d’une solidité moins robuste qu’imaginé) de l’économie américaine, pourrait venir de nouveau peser sur l’optimisme général des marchés financiers à l’égard de l’économie américaine. Ce qui semblait hier comme presque « inévitable » – à savoir une nouvelle hausse de taux d’ici la fin du second trimestre – pourrait finalement ne pas avoir lieu, les banquiers centraux américains décidant de temporiser plutôt que de prendre le risque de provoquer un nouveau décrochage de l’économie.

Bien qu’une très large majorité de l’attention des marchés, notamment européens, est tournée vers la France, l’évolution du climat géopolitique devrait à nouveau avoir sa part d’influence sur la volatilité de la devise américaine alors que le vice-président américain Mike Pence effectue actuellement une tournée en Asie. Une solution pour contrer la menace que représente la Corée du Nord est très largement discutée avec les alliés dans la région. Présent hier en Corée du Sud, Mike Pence se rend aujourd’hui au Japon. A noter cette semaine, la publication mercredi du Livre Beige de la Fed qui devrait nous délivrer davantage d’indices sur l’évolution actuelle de l’économie américaine, et l’analyse qu’en fait la Fed.

Aujourd’hui : Production industrielle / Permis de construire / Mises en chantier

GBP

Sous l’impulsion de fondamentaux plutôt rassurants (inflation, salaires, …) – du moins qui continuent d’alimenter les spéculations d’une possible intervention de la BOE à moyen terme parmi les observateurs les plus optimistes – et d’un détournement temporaire de l’attention et des craintes des marchés du Royaume-Uni et de son ‘Brexit’ vers la France et le risque potentiel de ‘Frexit’, le cours EUR/GBP continue sa glissade et se dirige progressivement vers le support de £0,84 (niveau franchi qu’une seule fois cette année). Dans le contexte d’incertitude actuelle en amont du premier tour de l’élection présidentielle française qui aura lieu ce dimanche, la dynamique baissière actuelle du cours de change pourrait se prolonger encore un peu…d’autant plus que le support de £0,8480 évoqué la semaine dernière a été brisé. L’évènement clé à suivre cette semaine au Royaume-Uni sera la publication des statistiques de ventes au détail au mois de mars qui pourrait suggérer un léger ralentissement de la consommation des ménages en fin de premier trimestre après le fort rebond entrevu en février (consensus : -0,2% M/M vs 1,4% en février). Les investisseurs garderont un œil attentif aux propos tenus par le gouverneur central Mark Carney lors de la conférence qu’il tiendra jeudi après-midi à Washington.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/GBP à0,8456 (-0,13%)

CHF

Profitant d’un rebond de l’EUR/USD dans un contexte de volatilité faible (marchés européens fermés) ,  d’un « léger » essoufflement des tensions géopolitiques sur les marchés financiers et d’une touche d’optimisme à l’égard d’une accélération potentielle des perspectives de croissance économique mondiale suite aux bons chiffres du PIB chinois au T1 2017, le cours EUR/CHF a enregistré un rebond de 0,2% hier et est repassé au-dessus du niveau clé de ₣1,0680 (point haut recensé hier à ₣1,0692). La volatilité sur le cours de change devrait, tout comme l’EUR/USD, rester très modeste cette semaine, les investisseurs demeurant prudents avant le premier scrutin de l’élection présidentielle française qui aura lieu ce dimanche. Une hausse des incertitudes en amont de cet évènement pourrait renvoyer de nouveau la paire dans la fourchette de fluctuation de ₣1,0630-₣1,0680.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à1,0685 (-0,04%)